CH. IV — LES CULTURES
croissance des herbes et à la conservation des troupeaux *. Les massifs boisés que le défrichement n'avait pas atteints, étaient partagés entre les tribus, qui en tiraient parti pour la chasse des animaux sauvages et le parcours des porcs.
Dans la seconde période de Thistoire d'Angleterre, les Anglo-Saxons, après avoir refoulé les Bretons dans les montagnes, détruisent activement les forêts des plaines pour fixer les famillessouches et constituer leurs domaines ruraux. Cette œuvre s'accomplit d'abord sur les territoires les plus favorisés par la nature, c'est-à-dire sur ceux où l'agriculture, fondée principalement sur le pâturage, imposait peu de travail au cultivateur. Cet état de choses existe encore de nos jours sur les , marnes triasiques des comtés de Devon, d'Hereford et de Chester, où prospèrent les vergers célèbres par leurs cidres, ainsi que les fermes vouées à la nourriture des vaches laitières et à la production des fromages. Il se présente également, même avec de plus grandes proportions, sur les terrains argileux du lias et de l'oolithe, dans les comtés de Somerset, Wilt septentrional, Gloucester, Oxford, Warw^ick méridional, Leicester, Nottingham, York et Lincoln.
^ On peut observer de nos jours ce défrichement progressif des forêts, avec création de prairies dites pacos, sur le versant sibérien des monts Oural. [Les Ouvriers européens^ p. 91; Charpentier de TOural, note G.)
Dans la troisième période, la race anglaise, devenue essentiellement agricole, poursuit l'œuvre du déboisement dans les montagnes comme dans les plaines. Dans la quatrième période, le développement considérable imprimé au commerce international et aux manufactures amène la destruction des forêts autour des centres de population qui se créent de toutes parts. L'exploitation des mines -de houille favorise cette transformation du sol, en livrant avec abondance le combustible nécessaire aux foyers domestiques et aux ateliers de travail. Dans la cinquième période enfin, l'application de la houille à l'art des forges permet de défricher presque tous les massifs boisés qui avaient été jusque-là réservés pour la fabrication du fer.
Une nouvelle méthode d'agriculture s'établit dans les districts ruraux qui, ne disposant pas de prairies naturelles, ne joignaient à la culture des céréales que l'exploitation d'une petite race de moutons. L'ancien assolement triennal est modifié par trois procédés principaux : par le défrichement progessif des landes incultes qui avaient toujours été affectées au parcours des moutons; par l'introduction de la culture du navet ; et par la substitution de prairies artificielles, méthodiquement ensemencées de graminées et de légumineuses, aux jachères qui ne donnaient précédemment qu'un maigre pâturage fondé sur la
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