‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 74 sur 190 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1^« PÉRIODE (de 600 A 55 ANS AVANT J.-C). LA PROSPÉRITÉ DES BRETONS INDÉPENDANTS

A défaut des historiens indigènes qui manquèrent à la Grande-Bretagne comme à la Gaule, les écrivains de l'antiquité mentionnent pour la première fois l'Angleterre en signalant vaguement des « îles Cassitérides », où les commerçants de la Gaule et les navigateurs de la Méditerranée allaient chercher l'étain à une époque reculée, tout au moins vers l'année 600 ^ Ce métal était

^ a Pour ce qui est de rétain , Posidonius (né 133 ans « avant Jésus -Christ) nie qu'on le recueille à la surface « du sol , ainsi que les historiens se plaisent à le répéter, « et, suivant lui , c'est uniquement des mines qu'on l'extrait, a Ce sont des mines d'étain , par exemple , qui se trouvent a dans le pays de ces barbares au-dessus de la Lusitanie et « dans les îles Cassitérides , ainsi que dans les autres îles a Britanniques, d'où Massalia (Marseille) tire aussi beau- « coup d'étain. » (Strabon, III , ii, 9.) — « Les plus riches « mines d'étain sont dans les îles de l'Océan, en face de a l'ibérie et au-dessus de la Lusitanie, et nommées pour « celte raison les îles Cassitérides. On fait aussi passer « beaucoup d'étain de l'île Britannique dans la Gaule, située « en face; les marchands le chargent sur des chevaux et le « transportent à travers la Celtique jusqu'à Massalia et Nar- « bonne. » (Diodore de Sicile, liv. V, 38.) — Bien que ces auteurs ne précisent pas de date , on est conduit à penser que c'est à l'époque où la domination assyrienne s'étendait

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surtout fourni par les alluvions stannifères que Ton exploite encore aujourd'hui à Textrémité sud- est du comté de Cornouailles *. L'existence de ce commerce implique la connaissance de certains procédés mécaniques et métallurgiques qui décèlent, en cette localité, une longue suite d'efforts exercés par une population sédentaire , vouée à un travail régulier. Les riverains de la

sur la Phénicie (vu® siècle), que, le rendement des mines d'Espagne venant à décroître, les Tyriens s'enhardirent à aller par mer chercher Tétain de Cornouailles. Ce métal était apporté , en outre , à travers la Gaule , par un commerce fluvial dirigé par les Tyriens, comme le prouve la fondation d'Alesia sur ce parcours par Hercule Tyrien. (Voir F. Lenormant, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, liv. Vl,ch. iii,§4.)

* Le minerai d'étain (étain oxydé) se trouvait sur les rivages du Cornouailles , disséminé dans des alluvions qui devaient être abondantes, aux époques indiquées par les auteurs grecs,* puisque après une exploitation continue de vingt-cinq siècles. elles concourent encore notablement à la production de ce comté. Cependant Tétain pouvait être extrait, en outre, par des procédés plus dispendieux, des filons qui affleurent à la surface des roches sur lesquelles les alluvions avaient été déposées. Les anciens ont exploité Tétain près du littoral de la Galice. On voit encore sur le rivage méridional de la Bretagne française, notamment près de Piriac (Loire-Inférieure), des alluvions et des filons d'étain qui ont pu être aussi l'objet des exploitations signalées par les Grecs. Mais il est peu probable que les anciens Bretons aient jamais extrait l'étain dans les petites îles situées près de la côte de Cornouailles; selon toute apparence, l'expression « îles Cassitérides » a pu désigner inexactement l'une des localités que je viens d'indiquer. — F. L-P.

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