‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 76 sur 190 · CH. II — LA PROSPÉRITÉ DES BRETONS · texte numérisé non relu

CH. II — LA PROSPÉRITÉ DES BRETONS

manque de respect pour la vie humaine. Cependant ce n'est point en cela que les Celtes restent essentiellement inférieurs aux races qui réussissent à les dominer. L'infériorité des Bretons et des Gaulois a sa véritable origine dans l'instabilité de la famille.

Les clans chasseurs et pasteurs ont fait naître partout des habitudes qui encouragent l'esprit d'indépendance naturel à la jeunesse. La trace de ce sentiment se retrouve çà et là, dans les îles Britanniques et sur le Continent , chez leurs descendants devenus agriculteurs. Sous ce régime le père ne peut guère choisir parmi ses enfants l'héritier le plus capable d'être associé à ses idées et à ses travaux. Les règles de conduite et les méthodes de travail qui ont fait prospérer une génération, ne se transmettent pas facilement aux suivantes. La race ne s'assimile pas sûrement les bonnes traditions; elle offre, d'une époque à l'autre , même dans chaque tribu, une extrême mobilité.

Dans la Grande-Bretagne comme dans la Gaule, les institutions ne confèrent point à l'âge mûr et à la vieillesse la prépondérance qui leur appartient ailleurs légitimement dans la direction de la vie privée , comme dans l'œuvre du gouvernement. La loi morale repose sur des fondements peu soUdes; mais lors môme qu'elle est respectée, la nation, au milieu des luttes qu'elle sou-

tient devant ses voisines, succombe, sous l'impulsion souvent généreuse , toujours imprudente de la jeunesse*.

Page 1