CH. III — LA SOUFFRANCE DES BRETONS
pendant toutes leurs tribus ne sont pas complètement détruites. Grâce aux talents du roi Arthur et des autres héros dont les bardes ont chanté les exploits, elles se maintiennent non - seulement dans le Pays de Galles, mais encore sur les autres régions de la côte occidentale, au sud dans la presqu'île de -Cornouailles , au nord jusqu'à la Clyde. Dans cette situation relative des deux races, les Anglo- Saxons ne communiquent que par la Severn avec la mer d'Irlande. Ainsi se termine , sur le sol de l'Angleterre , par l'invasion des races du Nord et par le refoulement des Bretons, une souffrance de six siècles.
« Lorsque le possesseur commençait à bâtir, cultiver, amé- « liorer, la mort l'emporte, divise, bouleverse, et c'est « encore à recommencer. Le partage est aussi l'occasion « d'une infinité de haines et de disputes. Ainsi cette loi de « succession égale... était une cause continuelle de troubles , a un obstacle invincible au progrès, une révolution éter- « nelle... Tandis que les familles germaniques s'immobili- « saient, que les biens s'y perpétuaient, que des agrégations « se formaient par les héritages , les familles celtiques s'en « allaient se divisant, se subdivisant, s'affaiblissant. Cette « faiblesse tenait principalement à l'égalité des partages. » Si l'on ne savait l'auteur aveuglé par le dogme révolutionnaire de l'égalité, on aurait peine à comprendre qu'après avoir si nettement indiqué le vice du Partage forcé des héritages , il fasse « gloire » aux races celtiques d'avoir « de si bonne heure montré aux peuples un tel idéal ». ( Miche let, Histoire de France, t. I , p. 121 , 122.)
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