CHAPITRE IV
30 PÉRIODE (de 596 A 1422). le retour des anglais a la
PROSPÉRITÉ, APRÈS LA LENTE FUSION DES ANGLO-SAXONS, DES DANOIS ET DES NORMANDS.
Cette période est une ère de guerre et de massacres, rarement interrompue par quelques époques de paix sociale. Cependant elle crée tous les principaux éléments de prospérité qui font encore, au XIX® siècle, la force de la constitution britannique. En tête de ces éléments figure tout d'abord une puissante hiérarchie sociale , fondée sur trois appuis : sur la propriété des domaines ruraux créés par les envahisseurs; sur TétabUssement de la religion chrétienne; sur l'admirable dévouement des religieux saxons*.
* Sur rinfluence sociale et politique des moines chez les Anglo-Saxons. Voir Montalembert, Les Moines d'Occident, t. V, livre XVI. — Après avoir raconté Tœuvre apostolique de saint Columba, de saint Guthbert et de saint Wilfrid, Montalembert rappelle les exemples nombreux de rois et de reines descendant volontairement du trône pour embrasser la vie monastique; puis il ajoute : C'est aux moines qu'il faut attribuer « Phonneur de cette transformation des « mœurs et des lois qui, malgré mille rechutes et mille « tristes retours vers l'ancienne barbarie, se manifestait « par la générosité et la piété des laïques , par la régularité « et la ferveur d'un clergé sortant de jour en jour plus nom- « breux du fond de la population indigène. » (Ouvrage cité, t. V, p. 183.)
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Pendant deux siècles et demi, les sept royaumes des Saxons et des Angles se livrent à des luttes sans trêve, soit entre eux, soit avec les petits États bretons riverains de la mer d'Irlande. Lorsqu'ils commencent enfin à comprendre les bienfaits de l'union , lorsque Egbert le Grand (827-837) les a habitués à supporter la suprématie d'un seul monarque, ils subissent les mêmes calamités que leurs ancêtres avaient infligées aux Bretons. Les hommes du Nord , et surtout les Danois qui habitaient la Norwége et les rivages méridionaux de la Baltique, sont à cette époque restés fidèles au culte d'Odin. Ils ne voient donc plus que des motifs de haine et de mépris dans la communauté d'origine qui les 4ie aux Saxons et aux Angles devenus chrétiens. Dès l'année 787, ils préludent à de plus sérieuses attaques par des débarquements de courte durée, ayant pour but le meurtre et la rapine. A partir de 867, ils s'étabUssent au nord de l'Humber, puis ils commencent à ravager et à soumettre les contrées du Midi, qui, par leurs établissements et leurs richesses, ont pour tous les barbares du Nord un attrait particulier. Cependant, en 878, ils sont momentanément rejetés vers le Nord et maintenus dans la soumission , comme les peuples de l'ancienne Heptarchie, par Alfred le Grand et ses premiers successeurs.
Athelstane, petit-fils d'Alfred, se distingue entre tous : en 937, il repousse une formidable invasion
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de Danois, après une brillante victoire qui décourage les hommes du Nord, et il affermit, dans un état relatif de paix, les sages institutions de la monarchie anglo-saxonne. Cette prospérité n'a qu'une courte durée. Dès l'an 978, l'avènement d'un roi faible, les divisions de ses successeurs, les empiétements des nobles et du haut clergé amènent successivement : des luttes intestines; de nouvelles invasions du Nord; le règne momentané des Danois, de 1016 à 1042; enfin, en 1066, la chute définitive de la dynastie anglosaxonne, par la victoire du duc de Normandie à Hastings^
La conquête des Normands (de la Neustrie) offre des circonstances toutes différentes de celles qui avaient accompagné la conquête des Anglo-
'^ La corruption avait envahi le clergé et les classes élevées : elle avait détruit les excellentes mœurs dont le tableau a été retracé ci-dessus (n. 1); Topinion, peut-être exagérée , du premier chroniqueur normand est nette à cet égard. « Longtemps avant l'arrivée des Normands, les Ânglo- (c Saxons avaient abandonné Tétude des lettres et de la « religion. Les clercs se contentaient d'une instruction tu- « multuaire ; à peine balbutiaient-ils les paroles des sacre- « ments , et ils s'émerveillaient tous si l'un d'eux savait la « grammaire. Ils buvaient tous ensemble, et c'était là l'étude « à laquelle ils consacraient les jours et les nuits. Ils mante geaient leurs revenus à table... De là tous les vices qui <c accompagnent l'ivrognerie et qui efféminent le cœur des « hommes. » (Guillaume de Malmesbury, De Gestis regum Anglorum, 1. III, ap. Scr. rer. franc, xi, 185.)
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Saxons. Elle ne remplace pas une population par une autre ; elle soumet la population établie à une minorité d'envahisseurs. Ceux-ci cependant réussissent à s'incorporer au sol par trois moyens principaux : ils se substituent aux chefs de Fancienne hiérarchie sociale en confisquant leurs possessions et leurs résidences; ils s'attribuent le droit féodal de redevances sur les domaines cultivés jusque-là en toute liberté par les petits propriétaires qui constituent la masse de la nation; enfin ils contractent autant que possible des alliances avec les grandes familles saxonnes qui consentent à accepter le régime nouveau ^ La conquête normande fut néanmoins pour l'Angleterre, comme l'avaient été les invasions précédentes, une suite presque continue de calamités
^ Cette organisation de la société , après la conquête normande, est indiquée avec une grande précision dans le passage suivant d'une chronique de cette époque , qu'Augustin Thierry a pris pour épigraphe de son ouvrage : « Les « gens de Normandie habitent encore parmi nous, et y « demeureront à jamais... Des Normands descendent les « hommes de haut rang qui sont en ce pays; et les hommes a de basse condition sont fils des Saxons. » {Chronique de Robert de Gloucester, vol. I, p. 3 et 363.) — D'ailleurs la fusion des deux races s'effectuait rapidement. « Déjà les Anglais et les « Normands, habitant le même sol et s'unissant entre eux « par des mariages 5 se sont tellement mélangés qu'on peut « à peine aujourd'hui (vers 1170) , chez la classe supérieure , a distinguer les deux races. » {Dialogue sur V Echiquier, 1, 10; cité dans l'ouvrage de Edward A. Freeman, ayant pour titre : The growth of the english Constitution,)
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publiques. Pendant trois siècles et demi, sous Guillaume P^ et ses douze premiers successeurs, l'Angleterre est souvent désolée par les révoltes du peuple , par les empiétements des rois et des nobles, et surtout par les dissensions dues aux droits mal définis des aspirants au trône. Cependant, au milieu de ces épreuves, la nation anglaise, devenue homogène par la fusion des Normands avec les peuples qu'ils avaient domptés, acquiert dans l'Occident une influence qui n'existait pas aux âges précédents *. En 1422 , les Anglais dominent le nord et l'ouest de la
* « L'Angleterre, qui , depuis la bataille d'Hastings , avait a vu à sa tête souvent de sages gouvernants , toujours de <c braves soldats , tomba sous la domination d'un insensé a et d'un lâche (Jean sans Terre). Dès ce moment sa des- (c tinée s'embellit. Le roi Jean fut chassé de Normandie. Les tt nobles normands attachés à l'Angleterre durent renoncer a au Continent. Enfermés par la mer avec ceux qu'ils avaient a jusque-là opprimés et méprisés, ils s'habituèrent peu à a peu à voir des compatriotes dans les indigènes. Les deux a races , si longtemps hostiles , découvrirent alors qu'elles a avaient les mêmes intérêts et les mêmes ennemis. Elles a se sentirent également attaquées par la tyrannie d'un a mauvais roi. Elles s'indignèrent également de voir la cour a accorder ses faveurs aux natifs du Poitou et de l'Aqui- « taine. Les petits -fils de ceux qui avaient combattu sous « Guillaume l^^ s'unirent par les liens de l'amitié avec les « petits -fils de ceux qui avaient combattu sous Harold; et a le premier gage de leur réconciliation fut la Grande a Charte (1215) , conçue dans leur commun intérêt et con- « quise par leurs communs efiTorts. » (Macaulay, History of Englo/nd, 1. 1 , p. 15.)
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France, au moment où Henri V meurt à Vincennes msutre des deux couronnes. Un fait .principal, trop négligé dans les appréciations des historiens, explique cette apparente contradiction.
Les Saxons et les Angles, en envahissant le sol avec leiu^s femmes et leurs enfants, apportèrent les coutumes * que pratiquaient leurs ancêtres, et que suivent encore les peuples de même origine qui habitent le Hanovre et le Jutland®,
'^ «c La constitution des Saxons se fondait sur une com- « munauté de paysans libres , ayant à sa tête un roi , qui « n'était que conditionnellement héréditaire. Le trait carac- « téristique de cette constitution , c'est la plus grande sol- « licitude pour l'administration de la justice et la police a de sûreté... Établis , en Angleterre, comme dans leur pa- « trie originaire, dans des fermes séparées, les Saxons « n'avaient point de gros villages ressemblant à des villes. .. tt C'est sur cette communauté de paysans saxons que vint « se greffer la monarchie féodale normande. » (Ed. Fischel, La Constitution de V Angleterre, t. I, p. 5 et 74.) =. ^ Ces coutumes existent encore chez les paysans qui cultivent les deux rivages de la Baltique voisins de la mer du Nord , et les territoires du Hanovre contigus à cette mer. Dans l'intérieur de la Germanie, jusqu'au Rhin, les domaines ruraux étaient et sont encore parfois, en Saxe notamment, comme chez les Celtes, composés de parcelles enchevêtrées. Les familles y étaient moins stables que sur les rivages maritimes ; mais elles étaient moins agglomérées que celles des Gaulois et des races méditerranéennes. « On sait que les « Germains ne bâtissent point de villes : ils ne souffrent « pas même d'habitations réunies. Leurs demeures sont « éparses, isolées, selon qu'une fontaine, un champ, un
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Au lieu de se grouper par villages sur un territoire indivis, comme le faisaient la plupart des Bretons et des anciens Gaulois, les familles se partagent le sol. Chacune d'elles s'établit sur le domaine qui lui est attribué à titre de propriété personnelle. L'habitation des gens, les étables, les jardins et les premiers défrichements occupent le centre du domaine ; en sorte que le territoire conquis sous la conduite d'un chef est bientôt couvert, dans toute son étendue, de foyers épars et distincts. Le plus pauvre père de famille règne avec les siens sur son petit domaine, comme le chef sur le domaine plus grand où il est secondé par des serviteurs. Chaque établissement rural adapté aux convenances spéciales d'une famille, a, comme celle-ci , le double caractère delà personnalité et de la permanence. Toutes les familles sont fécondes : le père désigne l'héritier qui doit lui succéder dans l'exercice du gouvernement domestique. Il se concerte avec cet héritier pour établir les autres enfants, soit sur le territoire national non occupé, soit sur les territoires étrangers. En principe, le chef local transmet de même à l'un de ses fils son domaine avec sa fonction; mais, en fait, cette
a bocage , ont déterminé leur choix. Leurs villages ne sont « pas, comme les nôtres, formés d'édifices contigus ; chaa cun laisse un espace vide autour de sa maison, » ( Tacite , Mœurs des Germains, XVI.)
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transmission implique l'assentiment des familles subordonnées. La résistance des sujets encourage parfois la révolte des fils contre l'autorité paternelle. De là, les luttes intestines qui font souvent la faiblesse de l'État anglo-saxon. La même cause de discorde n'existe pas pour la transmission du domaine d'un' particulier : la famille tient son foyer en paix au milieu de l'État agité. Les Danois font subir à l'Angleterre des calamités inouïes en se substituant souvent par le massacre aux anciens propriétaires. Le mal d'ailleurs a ses compensations et ses remèdes. Ainsi qu'il arrive sous Alfred le Grand et ses successeurs, les envahisseurs réveillent périodiquement l'énergie des Anglo- Saxons. Ils apportent la même langue et la même coutume : ils continuent la tradition de ceux qu'ils dépouillent; et quand ils sont contraints de vivre en paix avec des voisins de la race ennemie, ils ne tardent pas à se confondre avec eux.
La conquête normande augmente singulièrement la force et la stabilité de l'État, en substituant chez les familles dirigeantes , le régime féodal du Continent au système mal défini des Anglo -Saxons. Les terres enlevées aux vaincus sont désormais transmises intégralement de mâle en mâle par ordre de primogéniture , indépendamment de la volonté du chef de famille, à la condition que le possesseur remplisse les obliga-
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tiens stipulées lors de l'octroi du fief. Vingt ans après la conquête, en Tannée 1086, le réseau féodal est si complètement étendu sur toute l'Angleterre que Ton peut réunir, pour renouveler le serment de fidélité au roi, soixante mille Normands qui possèdent au moins la quantité de terre nécessaire pour tenir constamment à la disposition du suzerain le service d'un homme d'armes et d'un cheval. Cependant l'ancien régime de propriété conserve, dans le sol, de persistantes racines. Beaucoup de familles saxonnes continuent à posséder leur domaine et à le transmettre intégralement, selon la coutume, à charge de redevance envers les seigneurs. On voit même bientôt ceux-ci échanger, au sujet de leurs propres biens, la contrainte du régime féodal contre la liberté du régime anglo-saxon.
L'origine attribuée à la 3® époque est aussi celle de l'influence exercée à toutes les époques suivantes de l'histoire d'Angleterre par les propriétaires ruraux. En 596, en effet, im pape illustre, Grégoire le Grand, organise, avec le concours des rois franks, une célèbre mission qui convertit la nation entière des Saxons à un christianisme plus pur que celui des Bretons refoulés à l'occident de l'Angleterre. Possesseurs d'une loi morale supérieure à celle d'Odin, ceux qui cultivent le sol peuvent désormais exercer mieux que leurs ancêtres l'ascendant acquis aux
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chefs de famille chez toutes les races établies au nord-ouest de la Grande-Steppe '• Les petits propriétaires disséminés sur la surface entière du territoire, offrent tout d'abord le personnel nécessaire pour exercer le gouvernement local organisé par Alfred le Grand.
Maintenus dans les pratiques de vertu et de piété par la souveraineté du père de famille, par l'isolement des foyers et la frugalité de la vie rurale, ils résistent à la corruption qui, aux mauvaises époques , envahissait la royauté , la Aoblesse et le clergé. Mieux que toute autre classe , ils représentent l'intérêt public : ils secondent activement les classes dirigeantes qui prennent l'initiative des entreprises nationales ; souvent ils s'unissent tantôt au roi, tantôt aux nobles , pour réprimer les actes dont le principe est condamnable. C'est ainsi qu'ils se montrent dignes de constituer, entre la royauté et la noblesse, un pouvoir modérateur qui devient peu à peu le pouvoir prépondérant. Cette action exercée dans l'État par a les Communes d'Angleterre » a pour centre les bourgs bâtis, dès l'ère saxonne , comme point de réunion pour l'exercice du gouvernement local ou comme point de résistance aux invasions danoises. Les bourgs sont surtout habités en permanence par des ar-
^ Latiéforme sociale y 51, xii.
tisans et des commerçants ; mais les riches propriétaires de la région y possèdent également de Finfluence, soit parce qu'ils accordent aux bourgeois un patronage utile , soit parce que les bourgeois enrichis par le commerce tiennent à honneur d'acquérir dans le voisinage des domaines ruraux ^
Ainsi, dans la troisième période, la coutume importée en Angleterre par les Anglo- Saxons exerce sur la constitution sociale une influence bien plus profonde que la coutume des Normands leurs vainqueurs. Il en est de même pour le langage; et ce double résultat est devenu encore plus apparent aux époques suivantes^. C'est donc
^ Augustin Thierry signale les améliorations introduites , au XV® siècle , dans la constitution de l'Angleterre , par la coopération des bourgs aux travaux parlementaires. Jusque-là les bourgs avaient été « malicieusement conte traints d'envoyer des hommes au parlement » pour voter des subsides. Mais, à dater de cette époque, ils s'y rendent spontanément, parce qu'ils prennent une part croissante à la direction des affaires publiques. [Histoire de la conquête de l'Angleterre, t. IV, p. 282, 285.) = ^ Le succès de Ghaucer et des poètes de son temps seconda l'édit d'Edouard III et contribua à faire prédominer ridiome national. Le premier acte en langue anglaise à la chambre des communes est de 1425, et bientôt après disparaissent les dernières pièces écrites en français. (Aug. Thierry, ouvrage cité ci-dessus, p. 285, 292.) — La langue des anciens Bretons s'est maintenue dans le Pays de Galles sous le nom de welsh ou de gallois. La langue anglaise dérive principalement des idiomes Scandinaves. Les dialectes
avec raison que les Anglais du xix® siècle se considèrent comme issus des Anglo- Saxons et des autres races sorties directement du Nord', plus que des Normands venus de la Neustrie.
En résumé, la coutume anglo-saxonne constitua une race libre parce que chaque ménage trouvait une subsistance assurée dans l'exploitation du domaine qui formait sa propriété personnelle. Le rang de la famille était implicitement fixé par l'importance de ce domaine. Enfin, dans chaque foyer la prépondérance appartenait au père, c'est-à-dire à l'autorité qui excelle à garder la tradition de la loi morale ; qui comprend le mieux le besoin de concilier, par une judicieuse répartition, le commandement et l'obéissance. A ce point de vue , il est vrai de dire que le principe constituant des Anglo -Saxons était la hiérarchie du travail et de la vertu. On s'explique donc que, sous une telle influence, la nation anglaise se soit procuré, depuis dix siècles, une prospérité croissante. Aux bonnes époques, elle a docilement suivi l'impulsion donnée par la vertu des classes dirigeantes. Aux mauvaises époques, elle a réagi avec une calme fermeté contre les catastrophes et les abus provoqués par la corruption de la royauté et de la noblesse.
comme les mœurs du peuple conservent de fortes traces laissées surtout par les Danois au nord , par les Angles au centre et au midi.
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