‹ La Constitution Monégasque de 1911 et sa révision de 1917Chapitre 3 sur 82 · Farnet, p · texte numérisé non relu

Farnet, p

Honoré chassait les Espagnols de Monaco. C'était la fin de leur proteclorat.

Le Protectorat français (1641-1793) fut instauré et régi par le Traité de Péronne, capital dans l’histoire de Monaco. Enregistré par le Parlement de Paris le 10 février 1643 il a comme titre : « Traité du roi Louis XIII avec le Prince (1) de Monaco pour le recouvrement et la conservation de ladite place » et est précédé d’un préambule très caractéristique qui montre que le protectorat n’est pas imposé mais est librement sollicité par le Prince. « Après plusieurs instances qui lui ont été faites de la part du Prince, Sa Majesté a cru ne pas pouvoir lui refuser sa protection aux condilions que le Prince lui a lui-même proposées et lelles qu’il s’ensuit. » Le roi s’engageait à protéger le Prince envers et contre tous et à entretenir à Monaco une garnison de 5oo hommes. Il reconnaissait la souveraineté absolue du Prince. Et Monaco aurait mené une existence tranquille, si elle n'avait été troublée par les difficultés, continuelles dans son histoire, résultant du non-paiement des soldes. Mais malgré cela, elle fut intimement liée avec ia France. Abandonnant souvent la neutralité, les Grimaldi participent aux guerres des Flandres, de

1. «Prince ». Les seigneurs de Monaco se donnaient le titre de Princeps dans les actes notariés depuis 1612. La Chancellerie espagnole le leur accorda à partir de 1633 (Moncharville, p. 71, en note).

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Franche-Comté, des Pays-Bas, d'Autriche, et ils reçoivent du roi le duché de Valentinois érigé en paierie (1).

M. de Moncharville a fait une synthèse remarquable de l’histoire de ces siècles. « Grâce à sa force stratégique, la place de Monaco était maîtresse des communications de l'Italie et de la Provence par le littoral, fatalement vouée par conséquent à devenir l'objectif des souverains qui auraient intérèt à l’occuper dans un but militaire. Entourés de puissants voisins, les Grimaldi ne pouvaient songer à la conserver par leurs propres forces. Pour eux le problème de l'existence consistait donc à être, avec un protecteur, ou à n’être pas. Ils le comprirent, dès le début du xiv®° siècle. De là une série d’alliances à court terme, de constitutions de fief, enfin de véritables traités de protection qui remplissent l’ancien régime et qui, tous, ne sont, en dernière analyse, que l'expression, variable suivant les époques, du besoin constant d'appui contre les convoitises étrangères.

«C’estun long protectorat que l’histoire de Monaco, mais lointaine esl sa parenté avec le protectorat moderne. Celui-ci est toujours imposé... L’histoire nous montre, au contraire, les Princes de Monaco choisissant librement leur protecteur... C’est tou-

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