V. Louis Blanc, p
Le 25 juillet, les journalistes (Thicrs, Chatelain, Cauchois-Lemaire) rédigèrent une protestation célèbre opposant au pouvoir dictatorial des ordonnances l'autorité dun pacte fondamental. « Les matières que règlent les’ ordonnances publiées aujourd’hui sont de celles sur lesquelles l'autorité royale ne peut, d’après la Charte,prononcer toute seule. La Charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois, elle ne dit pas : aux ordonnances ; la Charte, article 38, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois, elle ne dit pas les ordonnances. La Couronne avait elle-même jusqu'ici reconnu ces articles ; elle n’avait point songé à s’armer contre eux soit d’un prétendu pouvoir constituant, soit du pouvoir dictatorial faus sement attribué à Particle 14. Toutes les fois en effet que des circonstances prétendues graves, lui ont paru exiger une modification soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres... Aussi le texte formel de la Charte, la pratique suivie jusqu'ici par la Couronne, les décisions des tribunaux établissent qu’en matière de presse et d'organisation électorale les lois, c'està-dire le Roi et les Chambres, peuvent seules statuer. Aujourd’hui donc, le gouvernement a violé la
légalité ; nous sommes dispensés d’obéir » (1).