Mém. de Villèle, I
74, de 9 frégates et de 12 corvettes et avisos. On en formait 4 stations : 1° la station d’Asie, forte de 17 bâtiments avant le désarmement des comptoirs de l'Inde, et réduite depuis 1788 à 4 frégates, 1 corvette et 1 flûte ; 2° la station des îles du Vent, avec un vaisseau de 74, 2 frégates, 1 corvette et 3 avisos; 3° la station de Saint-Domingue, qui avait le même contingent ; 4° enfin la station des côtes d'Afrique, comprenant 1 frégate, 1 corvette et 1 aviso!.
Les secours arrivés en mars 1791 portèrent l’ensemble des forces navales, pour les seules Antilles, à 7 vaisseaux de 74, 14 frégates et 15 corvettes, avisos, flûtes et gabarres ?. C'était un effectif total de 50 navires de tout genre.
Les forces de terre reçurent un accroissement équivalent. Elles étaient, en 1790, de 11.536
1. Cf. Rapp. de Montesquiou sur les dépenses de la Marine et des Colonies ; — Arch. parlem., X, 437; Piroc.-verb. du 8 décembre 1789, n° 142, t. IX (36 p. pour la Marine, 59 pour les Colonies); — Rapp. de de Curt, du 20 janvier 1790 ; Proc.-verb. du 20 janvier 11791, n° 531, t. 43 (texte); — Rapp. du Comité des Finances du 27 octobre 1191; Arch. parlem., XXXIV, 455.
2. Rapp. de de Curt du 11 février 1791; Arch. parlem., XXIIL., 116; Proc.-verb., n° 559, t. XLVI (16 p.) — On trouve aux Archives nationales un état des forces qui furent concentrées à la Martinique, après l'envoi des renforts du 11 février. Cest l'énumération des secours qui furent envoyés à Blanchelande, par accord passé le 3 avril entre de Behague et les Commissaires, et des forces qui restaient à la Martinique sous le commandement de M. de Girardin. On expédia au Cap 3 vaisseaux de 74, 7 frégates, 3 bataillons et 18 compagnies, et l'on garda à la Martinique 11 navires, 4 bataillons et 2 compagnies. L'’ensemble des forces de terre et de mer réunies à la Martinique était donc à ce moment de 21 navires, 7 bataillons et ‘20 compagnies Arch. nation., Dxxv, 116).
hommes répartis en 6 régiments coloniaux, 3 ba-
taillons, 2 brigades et 3 compagnies d'artillerie. Saint-Domingue avait les 2 régiments du Cap et de Port-au-Prince, ou 2.296 hommes ; la Martinique et la Guadeloupe, chacune un régiment de 1.721 hommes; l’île de France et l’île Bourbon, 2 régiments à effectif de 1.148 hommes ; la Guyane et l’Afrique occidentale chacune un bataillon, l’un de 477 hommes, et l’autre de 239 ; il restait un dépôt de 840 hommes à Port-Louis, et la Martinique envoyait des détachements de 604 hommes à Sainte-Lucie et à Tabago, de 65 à Saint-Pierre et Miquelon !. Le 11 février 1791, fut décidé l'envoi aux Antilles de 12 bataillons, dont 2 des régiments de Normandie et d'Artois destinés à Saint- Domingue, 10 des régiments de Beauce, Ile-de- France, Rohan, Bassigny, Rouergue, Poitou, maréchal Turenne, Angoulême, Aunis, Forez, envoyés à la Martinique. À 60% hommes par bataillon, c'était un contingent de 7.248 hommes, qui portait l'armée coloniale à 18.784 hommes ?. Il y faut ajouter les milices organisées en 1768, à raison de 3 compagnies (blancs, mulâtres, affranchis) par paroisse.
Cette imposante armée d'occupation, accrue encore dans l'Inde par décret du 3 septembre 17913, pouvait faire face aux ennemis du dehors et maintenir l’ordre, si.elle était bien disciplinée
4. Rapp. de de Curt du 6 décembre ; Arch. parlem., XXI, 258. 2. Rapp. de de Curt du 11 février 1191.