‹ La Constituyente et les ColoniesChapitre 95 sur 146 · Proc.-verb.; Arch. nation., Dxxv · texte numérisé non relu

Proc.-verb.; Arch. nation., Dxxv

2. De Joly (155 1837) était alors avocat aux Conseils. Il était déjà mêlé au mouvement politique : en 1789, il est secrétaire des représentants de la Commune; en 1790, lieutenant du maire de Paris, puis secrétaire-greffier de la municipalité, titres différents d’une même fonction, qui le montrent comme le représentant de Bailly, de Lafayette, et par suite de la Société des Amis des Noirs. C’est chez lui, rue des Juifs, ou dans son cabinet de secrétaire que paraît se réunir la Société des Gens de couleur libres, dont il est le président. 11 deviendra avoué près le tribunal de cassation en 1192, puis ministre de la Justice, 3 juillet 1792 (cf. Brette, Convocation des Elals généraux, 11, 346, et Révolution, octobre et novembre 1895). — Le procès-verbal de la Société Massiac (Arch. nation., Dxxv, 85) ne nomme pas les mulâtres qui l’accompagnent ; mais ce sont vraisemblablement les mêmes qui ont signé l'adresse que de Joly lira, quelques jours après, à l'Assemblée nationale, Raimond, Fleury, Audiger, Laforcade, du Souchet l'aîné, Ogé jeune, de Vauréal, le chevalier de Lawit, Lasnon, Hellot, Honoré, Poizat, La Source, « commissaires ». De Joly est qualifié « commissaire député, nommé à cet effet » ; il serait donc l'un des députés élus par les mulâtres et dont ils demandèérent l'admission le 22 octobre 1789. — Dans l’'Extrait du Procès-verbal de l’Assemblée des Citoyens libres et Propriétaires de couleur constiluée sous le lilre de Colons américains (Arch. colon., coll. Moreau de Saint-Méry, t. CXXIV), on voit que la rédaction du

mulé les mêmes demandes, il ajouta ces paroles significatives : « Nous envoyons une députation à l'Assemblée nationale pour lui offrir l'hommage de notre dévouement et réclamer les droits politiques. Mais nous serions heureux de tenir de la bonne volonté des colons ce que nous allons demander.» À ces ouvertures conciliantes que répondit la Société ? Le 10, au matin, elle fit savoir à de Joly qu’elle n'avait pas qualité pour s'occuper de ses demandes, qui ne pouvaient être éludiées que par une Assemblée coloniale. La réponse était en apparence correcte ; elle n’était qu'hypocrite. Trois jours auparavant, en effet, le bureau, expliquant son action aux colons de Bordeaux, avait écrit : « De concert avec les députés, nous avons fait une requête pour obtenir la convocation d’assemblées coloniales, afin de détourner la propagande des Noirs !. » Renvoyer les Noirs devant ces assemblées était donc une duperie ; les blancs y siégeaient seuls et entendaient conserver ce privilège?. Quand la Constituante voulut en ouvrir les portes aux noirs libres, ils s’insurgèrent ; ils eussent consenti à quelques concessions sur l’état civil, mais sur le droit politique ils étaient irréductibles.

cahier de doléances (Bibl. nation., Le 24/203) fut faite dans le cabinet de M. de Joly, avocat aux conseils, « après avoir fait prévenir M. le Maire et M. le Commandant de la garde nationale » (cf. Brette, Révolution, 14 octobre 1895, t. XXIX, p. 330). De Joly, d'ailleurs, abondonna la cause des mulâtres après le 8 mars 1790.

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