I.E SON
manifesté, car il n’est pas manifesté par rapport ail Cosmos : il ne peut se manifester qu'à FEsprit dans l'hoinine, qui est un avec luimême; puis vient Ttln différencié, le Deux, ou pour employer rexpression occidentale, la 'dualité représentée comme « Esprit-Matière : non pas Esprit et Matière : il n’y a là que les deux aspects de rilnique, qui, sépai'és meme par la pensée, donneraient pour point de départ une conception erronée. L’univers ne provient pas de l’Espritet de la Matière, conçus comme séparés, mais évolue de l’Esprit-Maiière, ou de IT nique, sous un double aspect, r/est pourquoi ce second Logos comprend, comme je Lai dit, l’aspect d’ An an da, et IL P. Blavatskyinsiste fortement surcette unité fondamentale qui devient duelle en manifestation : PFsprit-Matière, Pourousha-Pradhûna, les deux premiers aspects de l’Cn sans second. Puis, s’efforçant de donner au chercheur attentif, sur ce sujet profondément symbolique, une allusion qui lui permette de découvrir le mystère fondamental du(’osmos, la voilà qui traite du symbolisme lunaire et place tout à coup cette phrase :
« Le magnétisme lunaire engendre la vie, la j^éservê^é1'1â"‘ détruit : et Sonia renferme le tripTé“ “pouvoir dé la l'rinioûrti, bien qu’il passe inaperçu pour les profanes (i).
{!)' Doclrine Secrètej 2® vol., (U* éd.), p. 119.
CONSTRUCTION DE l’uNIVERS
Un peu plus loin elle parle de :
« L'Essence divine unique non manifeslée engendrant continuellement un second Soi manifesté^ second Soi qui, étant androgyne dans sa nature, donne naissance d'une façon immaculée à toutes les choses macrocosmiques et microcosmiques dans cet univers (i). »
Celte phrase, où rauteur fait intervenir la lune d'une façon assez curieuse, renferme la clef de la plupart des allégories qui expliquent les commencements si obscurs de la construction de PUnivers. D'un côté le soleil et de Fautre la lune, la lumière et Peau ; le feu et Peau sont partout et c’est grâce à eux que l'univers peut être construit ;J[e^eu et Peau sont sijnplement les syiiqnyme.s d'Esprit et de Mati^e^tJls expriment la dualité du second Logos. Dans cette seconde manifestation le feu représente Daiviprakriti ou la Lumière du Logos: Peau est la manifestation deMoùlaprakriti ou la racine de la Matière. Tous deux procèdent selon cette double ligne, et la lune, — tous les étudiants le savent, — est toujours représentée comme androgyne, tantôt mâle et tantôt femelle, un jour comme un Dieu, le roi Sonia, un autre jour comme une déesse, de façon que ce point s’impose toujours à notre attention. p]n pensant à la lune
(1) Op. cil., p. 120.
LE SON
nous lui trouvons toujours deux côtés, le positif et le négatif, ce que nous appelons ici^bas les sexes; c’est réternelle antithèse sans laquelle aucune création n’est possible, le passif qui nourrit l’univers et l’actif qui le féconde sont également nécessaires ; sans eux il ne pourrait y avoir aucune reproduction ni même aucune existence pour Tunivers manifesté.
Vient ensuite le troisième Logos, le Mahat, dont le nom embrasse le pouvoir d'idéation, la pensée et l’intellect, et qui constituera la racine même de l’existence. De sorte qu’ici encore la vie et la pensée doivent servir de base ; partout où Von rencontre un atome d’existence manifestée, on trouve en lui la dualité qu’il tient de sa source ; car de la dualité doit procéder la dualité, et il est aussi impossible de trouver de la matière inerte que de l’énergie insensible; cela ne peut exister dans un univers engendré par la Vie et par la Pensée.
La Trinité est septuple dans son acception la plus profonde, car les sept sont enveloppés dans les trois ; de même que dans la Triinoùrti, en y pensant bien, on découvre encore les sept; on doit reconnaître en effet dans chacun de ses membres l’aspect Shakti, ou la dualité, de sorte que les trois deviennent six. Dès que vous découvrez l’Unité, vous êtes
CUNSTRüGTfON DE l’uNIVERS
oblige, dans la manifestai ion, cPapercevoir la dualité; on ne peut Iroiiver Vishnou san§ Lakshniî, Shiva sans Dourga, les deux sont toujours reconnaissables, de sorte qu'en pensant à la Tritnoùrti vous pensez en réalité aux six ; le septième est ce qui forme leur synthèse sans laquelle cette ditïéienciation ne pourrait pas apparaître ; ainsi le septénaire se montre dès l origine du Cosmos, et c'est notre main que d'intuition qui nous a si longtemps empêches de nous en apercevoir.
A cette étape, celle de Mahat ou de 1 intelligence commence la possibilité de la manifestation, et la science occidentale peut entrer en jeu; de Mahat vient le triple Ahamkâra, qui possède ces qualités bien connues de tout étudiant de la Giti\ ou même de la philosophie en général, — le vrai ou pur, 1 actif ou brillant, le sombre ou élémental, — cette triple qualité de la matière nécessaire à toute manifestation subséquente et grâce à laquelle doit apparaître la vai'iété. Le Vishnou Pourâna nous apprend que de la qualité iamasique procèdent les éléments, non pas les éléments dont parle la science occidentale, mais les cinq éléments anciens ; aucun mot de nos langues européennes ne correspond bien au terme Bhoutâdi.
C’est de rAhamkâra que procède Ihinivers matériel ; il engendre d’abord l’Akâsha, de
rAkâ'sha vient Tair, de l'air le feu, du feu l’eau^ et de Teau la terre.. Mais pouj-quoi cette succession? D'abord TAkésha : on nous dit que sa caractéristique est le Son; le rudiment du Son évolue, c'est l’unique attribut d’Akasha. Ensuite vient l’air: mais ([u’est-ce que Tair dans ce sens ? Ce n’est assurément pas l’air de l'atmosphère, l'air de la manifestation postérieure, un mélange de gaz où apparaissent déjà les atomes. Le grand « Air » des Oupanishads et des Pourànas est le souffle du Suprême, le Mouvement, car tant que cette conception du Mouvement n'est pas intervenue, aucune manifestation n'est possible. Nous avons donc d’abord l'Akàsha, qui a le Son pour unique attribut, puis le Mouvement qui est donné à l'Akàsha par le grand Souffle ; en eux nous avons le son, puis le toucher, qui est le deuxième sens. Du son et du toucher, ou de l’Akàsha et de l'air, provient le Feu, dont la production suppose entre le Souffle et rAkàsha un frottement qui est l'Électricité; désormais rien ne pourra se développer sans elle ; avant que l’Akàsha ait pris forme par le Souffle, puis ait donné forme à l'Électricité, celle-ci ne peut produire d’agrégats; c'est seulement quand la série est complète que devient possible la constitution atomique, d'où résulteront l’eau et la terre, ou les manifestations liquide et solide de ce qui a,
jusqu’à ce moment, été appelé « immatériel ».
Remarquez comment cette succession nous est pour ainsi dire intellectuellement garantie par les sens, comment le premier élément est en corrélation avec le sens de Touïe, le second avec le son et le toucher ; avec le feu vient la lumière, qui est en corrélation avec la vision ; puis vient l’eau qui correspond au goût, car il ne saurait y avoir de goût sans humidité ; et enfin la terre, dont la caractéristique essentielle est l’odorat, le dernier des sens qui évolue sur le plan physique, et par conséquent le premier qui se rencontre sur le plan astral quand Tâme y revient pour se chercher elle-même. H. P. Blavatsky a toujours soutenu que l’Akâsha est ce qui est généré par le troisième Logos, et que sa seule caractéristique est le Son. C'est ici qu'intervient directement notre science moderne; et de cette conception d’un Akâsha dans lequel agit le grand Souffle, de façon à ce que, par cet Akâsha et par Vayou, Agni puisse apparaître, nous nous trouvons en face des plus récentes théories et découvertes de la science, de cette genèse des éléments — ou construction de l’Univers, sous un autre nom, — que nous pouvons étudier, présentée en langage occidental, dans les ouvrages de M. Crookes.Mme Blavatsky s’est longuement arrêtée, dans le P'' volume de la Doctrine Secvèle^ sur les découvertes de Crookes déjà
LE SON
publiées lorsque ce livre fut écrit ; elle signalait en passant certaines lacunes de sa théorie ; mais il faut remarquer que quelques mois seulement avant la mort de Mme Blavatsky — c’était en 1891 — M. Crookes déclara, devant un auditoire de savants anglais éminents, que son ancienne hypothèse était devenue certitude, et qu il était désormais capable de présenter comme des théories bien établies certaines hypothèses dont il n’avait pu naguère que suggérer l’utilité pour faciliter des découvertes. Et quelle était cette grande découverte, qui fit dire à l’un de ses auditeurs que l’on devrait placer son nom au niveau des plus grands penseurs et des plus grands savants de notre époque? C’est que l’atome n'est pas éternel, qu’il est un produit et non une substance primordiale ; qu’il est destructible et qu’il a dû par conséquent venir è l’existence, car cela seul qui est indestructible, est éternel, comme l’admet toute philosophie, fl prouva que l'atome doit être considéré comme duel, ou comme un corps neutre formé par la réunion des éléments positifs et négatifs de la Nature, qu’il n’était permanent qu’en vertu de cette dualité, car c’est Fentrelacement étroit de ces éléments qui rend les atomes suffisamment stables pour servir en quelque sorte de briques dans la construction du monde. Puis en arrière de l’atome il plaça ce qu’on appelle
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« le prolyle )),Tnot ciiipj*iinté à uii occultisic du moyen Age, Hoger Bacon, qui s'en servait pour désigner la substance primordiale. Lorsqu’il voulut expliquer la conslruciion des atomes il se vit contraint de poser en principe le protyle comme substance primordiale. Et voyez comme ce savant a suivi exactement les traces de la pensée antique lorsqu’il fut obligé de poser en principe le Mouvement, c'est-àdire le grand Souille, l’élément venant après l’AlvAsha, sans lequel il serait resté inactif et par conséquent stérile. Avec le [U'otyle et le mouvement, il pose enlin en principe le troisième aspect, la force alliée à l'électricité, forme qui, dit-il, trace d'clle-même une spirale dans Pespace rempli de matière. Au cours de cette spirale les atomes sont formés tour à tour par l'agrégation du protyle, et à mesure qu’ils sont produits, ils sont classés dans une catégorie chimique déterminée par la position qu’ils occupent dans la spirale tracée par la force électrique.
La spirale est une forme nécessaire ; mais pourquoi? Supposez que le mouvement ^ existe d’abord dans une seule direction : en procédant à travers la matière homogène, il comprimera cette matière, qui en se solidifiant perdra de la chaleur. 11 est certain qu’il doit en résulter un abaissement de température, car c’est une des expériences les plus connues
LE SON
en cliiniie élémentaire que lorsque la matière passe crun état à un autre, soit de Tétât gazeux à Tétai liquide et de Tétat liquide à Tétat solide, ou inversement, il y a, selon le cas, de la chaleur émise ou de la chaleur qui devient latente. Prenons un exemple familier: si Ton change de la glace en eau, la quantité de chaleur qui devient latente doit égaler 8o unités avant qu’il y ait aucun changement apparent dans la forme ou la température de la glace. De môme lorsque les éléments se solidifient et que la température change, quel doit être le résultat produit ? C’est que le mouvement change de direclion, c’est que l’abaissement de température produit une modification de mouvement ; pour représenter cela il faut se figurer non plus une ligne droite, mais une ligne qui soit la résultante de deux forces agissant dans des directions différentes. et tractant ainsi nécessairement une spirale. Je compte dire quelques mots plus loin de Tancien symbole du serpent, si familier dans notre littérature : il constitue le symbole le plus suggestif de la spirale qui se replie continuellement siui ellemême et nous donne Timage exacte du Mouvement cosmique. Nos grands savants sont obligés d’employer la meme image en généralisant la force dans le Cosmos et la genèse des éléments provient dé cette spirale ou mou-
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veinent héliçoïdal. C’est ce que Mme Blavatsky appelle le mouvement spiraliforme de Fohat dans l’espace; car Fohat est la base de toutes les forces, et c'est par lui que la force de l’électricité est engendrée.
En même temps vient le Son ; il ne peut y avoir de mouvement dans la matière sans qu’il naisse des vibrations ; et toute vibration^ au fond, est du son ; toute vibration peut se changer, se transformer en son, et cette parole ancienne, « le serpent glisse en sifflant dans l espace », contient un sens très réel. C’est pourquoi la première propriété engen» drée dans l’Akâsha est le Son, — le Verbe, le Logos ; rappelez- vous ici avec quelle clarté et quel talent Subba R,ao s’est exprimé en parlant du son proféré, de la Voix énoncée, lorsqu'il désigne Fohatcomme l'instrument du Verbe, et nous fait remarquer que ce que nous prononçons est le Vaikarî, Vacb, c’est-à-dire « le Cosmos entier dans sa forme objective (i) »; car l’univers entier n’est que l’émission du Verbe latent dans le Logos non manifesté, et qui est appelé le second Logos : c’est ce Verbe proféré qui est le Cosmos objectif. Dans le Cosmos comme dans rhomme existe cette puissance du Son, sans laquelle il ne saurait y avoir de forme ; car le Son est
(1) Doctrine Secrète, 1" vol., 1'* éd., p. 123, 2' éd., p. 117.
LE SOxN
le constructeur, le générateur de la forme, chaque son ayant sa propre forme et possédant le triple pouvoir de produire la forme, de la conserver et de la détruire. Ainsi nous retrouvons la Trimoûrti : le Créateur, le Conservateur et le Destructeur, qui sont un sous différents aspects: le Divin est Unique, quelle que soit la forme de sa manifestation. Mais ici nous pouvons réunir la philosophie ancienne et la philosophie moderne : Shabda Brahman est la force qui construit le Cosmos, et c’est également la force par laquelle un Yoguî développe en lui-même tous les pouvoirs ; d’autre part, en étudiant la science occidentale, nous pourrons y puiser, comme preuves de cette puissance du son dans la construction de la forme, un certain nombre de faits, de ces faits qui pour certaines personnes sont plus convaincants que les réalités, plus profondes cependant, dont ils ne sont que l’expression phénoménale. Ces faits recueillis par la science moderne relativement au son, ont de la valeur pour nous, non pas en tant qu’enseignements, — car ils ne devraient rien avoir à nous apprendre, — mais pour nous permettre de convaincre ceux qui n’ont pas su apprécier les Ecritures, bien que cellesci nous donnent l’essence dont la science ne montre que la manifestation extérieure.
Cherchons donc ces faits qui viennent ap-
CONSTI^LCTION DE L UNIVEDS
puyer les auteurs anciens affirmant que le son est à Toriglue même des formes, et que la multiplicité des formes dépend simplement de la variété des sons. Voici d’abord une des plus anciennes expériences faites en acoustique, rime des plus rudimentaires, bien qu l’époque elle ait paru très intéressante. Prenez un tambour ordinaire, dont la peau vous fournira une surface vibrante ; si vous en frottez le bord avec un archetde violon, il se produira une note, qui dépendra de la tension dn parchemin et de diverses causes moins importantes. .Jusqu’ici, rien que de très simple : mais on voulut découvrir ce qui se produisait lorsque la note vibrait, et pour faire voir i’invisible, on lépandit une légère couche de sable sur le tambour ; on fit ensuite vibrer le bord du cercle et on renouvela l'expérience en appliquanl l'archet à chaque point de la circonférence du tambour. Laissez-moi vous faire remarquer incidemment combien la science européenne est admirable de patience lorsqu’il s’agit de répéter maintes et maintes fois une expérience jusqu'à ce qu’on arrive au fait ; ceci 'mérite toute notre admiration, car c’est le seul moyen de découvrir des phénomènes. On s’aperçut que, quelle que fût la partie de la circonférence où l’archet étail appliqué, le sable était lancé en 1 air, et on observa qu’il ne retombait pas également sur
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toute la surface, mais formait des figures géométriques. Ainsi le sable répandu sur le parchemin était obligé par le son de prendre des formesgéométriques définies, qui variaient selon la noUi émise lorsque rarchet frottait tel ou tel point de la circonférence. On constata que des formes diflérentes se dessinaient suivant, qu’en attaquant la circonférence à divers intervalles, on produisait les diverses harmoniques de la note fondamentale. D'abord, en touchant un point particulier, on obtenait une figure divisant le tambour en quatre parties seulement, parce que cette vibration était la note fondamentale émise par le parchemin tout entier ; mais si Ton y faisait vibrer les harmoniques, on avait des figures géométriques beaucoup plus compliquées. En continuant cette recherche des harmoniques, on découvrit que chaque note n'est pas produite par un son unique, mais bien par un ensemble de sons très complexe susceptible d'étre divisé et subdivisé. Ainsi ce qui nous paraît simple est en réalité composé ; lorsque l’on joue une note on fait résonner un grand nombre de notes en meme temps, et l’oreille bien exercée peut distinguer ces harmoniques ; c’est la différence des harmoniques qui produit la différence de timbre. Cette différence de qualité de son, ou cette décomposition d’un son en plusieurs, était rendue visible par les
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formes que traçait le sable en retombant. On s'efforça alors d'enregistrer ces différences d’une façon plus parfaite, en remplaçant le sable trop lourd et le parchemin trop grossier par des substances de plus en plus délicates, légères et ténues, telles que certaines semences minuscules ou des spores de lycopode ; ceuxci conviennent à merveille pour ces expériences, car ils sont si légers que la plus faible vibration leur fait prendre des formes. On essaya des diapasons donnant des notes différentes, et on réussit à projeter sur un écran les dessins produits par les vibrations, au moyen de miroirs disp'osés à cet effet, d’une lanterne magique et d'une lentille grossissante. De cette façon les vibrations invisibles du diapason furent agrandies et on les vit former de magnifiques dessins géométriques. Des figures exquises produites par chaque note apparaissaient sur fécran où la lanterne magique projetait Ihmage, et se modifiaient ù chaque changement de note. Ainsi lorsque f on joue un morceau de musique quelconque, on donne naissance dans l'éther et dans fair ambiant à des formes ravissantes. Telle est fingénieuse méthode par laquelle les pulsations du son ont été projetées sur un écran, par laquelle l’invisible est devenu visible, et le pouvoir de la sonorité a été rendu aussi sensible aux yeux qu’il Tétait aux oreilles.
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Les investigations ont été poussées encore plus loin : Mme Watts-Hughes a découvert que si Pon chante une série de notes dans un instrument en forme de cor, il en résulte des formes plus compliquées, telles que fougères, arbres et fleurs, engendrées par la voix humaine. Pour approfondir ce phénomène on a inventé un instrument ingénieux composé de deux pendules oscillant chacun selon son mouvement propre mais disposés de façon à réagir l’un sur l'autre, le mouvement de l’un modifiant celui de l’autre, ün crayon est adapté à un levier qui se meut dans la direction résridlaiit du mouvement combiné des deux pendules, et trace sur une carte des figures très compliquées représentant les mouvements successifs. On a obtenu ainsi des formes merveilleuses, des coquillages d'un dessin très détaillé, des figures géométriques aux courbes et aux angles parfaits. Or, les vibrations d'une même note ayant toujours lieu dans la meme direction, et le mouvement naturel d'un pendule étant une simple oscillation en avant et en arrière, les modifications de mouvementde ces pendules disposés de façon à réagir l’un sur l’autre étaient bien la représentation exacte des vibrations réagissant les unes sur les autres ou se modifiant réciproquement.
On a donc obtenu un tableau graphique des interférences des vibrations et des modifica-
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lions qui en résnllenl, bien que chacune ait lieu dans une direction déterminée et toujours la même ; et le résultat de ces interférences est la production de formes, merveilleuses. C’est d'une façon absolument identique que rintcrférence des ondes lumineuses produit la couleur. Lorsqu'en brisant les ondes lumineuses on produit entre elles des inj^rférences, il en résulte des couleurs ; c’est ainsi que les irisations de la nacre proviennent simplement de minuscules aspérités superficielles qui produisent des interférences dans les vibrations lumineuses. L’expérience des pendules nous montre de son côté l’interférence des vibrations sonores.
Ainsi la science nous prouve que des formes sont construites par le son; et en observant l’aspect extérieur de la nature on constate avec étonnement que partout on rencontre des formes géométriques. Prenons le cristal qui fait partie du monde minéral : chaque cristal est construit d'après certains axes de direction qui en déterminent la forme. Les cristaux les plus simples sont construits suivant des lignes d’une extrême simplicité, et plus le cristal est perfectionné, plus sont nombreux les axes qui ont leur centre h l’intérieur, du cristal : la diflérence entre les cristaux dépend de la disposition des axes. Nous voyons donc apparaître les formes géométriques dans le
LE SON
monde minéral où elles servent de base à la formation des cristaux.
Mais le cristal ne peut être séparé du cristalloïde : la forme de ce dernier ressemble à celle du cristal dans le règne minéral, et cependant il fait partie du règne végétal. (>s deux règnes ne sont plus séparés dans la nature ; pourtant dans les végétaux ces corps sontformés d’une espece différente de matière; on ne les appelle plus des cristaux, mais des cristalloïdes. Ici encore les axes apparaissent ejt suggèrent la pensée que le règne végétal est construit d’après la môme loi géométrique. En étudiant le règne végétal nous allons plus loin. Prenons une petite branche d’arbre et examinons l’arrange ment de ses feuilles, nous constatons qu elles sont disposées en spirale. Nous voyons reparaître la spirale comme force génératiïee : c’est elle qui dirige l’agencement des feuilles d’une façon parfois très simple et quelquefois très compliquée. Dans le pommier, par exemple, la spirale est représentée par la fraction 2/5 parce qu’elle offre cinq feuilles placées aux divers points d'une double spire, après laquelle recommence un circuit analogue. Si nous prenions un fil et que nous l’enroulions deux fois en spirale autour du rameau, nous toucherions les cinq feuilles disposées à intervalles égaux. Si nous prenons un autre arbre, nous ti*ouverons un
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arrangement difTérent, mois toujours d'après la spirale ; lorsque les feuilles naissent, elles s’organisent toujours, quelle que soit la diversité de leurs arrangements, d’après cette loi de la spirale et cette règle géomélrique gouverne toujours l'apparente irrégularité de la croissance des feuilles et des fleurs. 11 ri’y a jamais d’irrégularité ; la disposition qui semble la plus irrégulière n’est qu’une sérié compliquée de spirales entrelacées, car il y a quelquefois deux spirales au lieu d'une, et dans certains cas on en trouve trois qui s entrecroisent autour de la tige, formant une complication extrême et donnant l’apparence d’une véritable confusion; mais (( ce qui est un chaos pour les sens est un Cosmos pour la raison », et l’on découvre toujours des dispositions géométriques sous ces masses d'apparence chaotiquequ’observent nos yeux ou nos sens. N estil pas vrai de dire avec Platon, que « Dieu géométrise»? N'est-ce pas là la conception fondamentale des Écritures, qui déclarent que le Son est le constructeur de la forme? Tout cela n’est-il pas prouvé par les découvertes de la science moderne ?
Non seulement le Son peut construire, mais il peut aussi détruire. Il est étrange que la même force puisse produire des résultats opposés, et bien des personnes qui accueillaient cette affirmation par des moqueries.
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lorsqu’elle était présentée par la Religion, sont obligées de Tad mettre quand la science répète ce que la Religion soutenait depuis si longtemps. Par la découverte de la vérité synthétique, la science arrivera à faire comprendre ce qui dans la Religion était considéré comme contradictoire et inacceptable. Pourquoi ne pourrions-nous pas appliquer la même méthode à la Religion, quand nous y rencontrons quelque chose qui paraît être une contradiction? Pourquoi ne pas étudier et chercher cette vérité sous-jacente qui, sous d’apparentes contradictions, nous révèle les aspects différents, comme les deux faces d'un même bouclier ?
Ainsi c’est le constructeur de la forme qui la détruit ; et tandis que la construction est opérée par des vibrations douces, les vibrations violentes mettent en pièces ce que les premières avaient rassemblé. Aucune forme n’est solide, chacune est composée de molécules séparées par des intervalles où pénètrent les vibrations du son ; celles-ci font vibrer les molécules de plus en plus énergiquement, les écartent de plus en plus, jusqu’au moment où la force d’attraction qui les retient ensemble étant vaincue, la forme se désagrège par leur échappement.
Prenez un verre et cherchez la note qu’il donne en le remplissant d’eau à moitié et en
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frollant le bord avec un archet : lorsque vous aurez trouvé cette note, produisez-la sur un instrument susceptible de donner une grande intensité de son ; vous entendrez alors le verre donner cette même note, et vous verrez 1 eau vibrer sans que personne ne la touche. Si le son devient plus fort, les petites vagues grossiront, deviendront de plus en plus turbulentes, jusqu’à bondir les unes sur les autres ; le tumulte remplacera l’harmonie, et si les vibrations des molécules du verre, qui causent toute cette agitation de l’eau, deviennent trop intenses pour que le verre puisse les supporter, il finira par voler en éclats. Voici encore une autre expérience faite par Tyndall : il prit une baguette de verre, et produisit un son en la frottant doucement ; mais comme il rendait ce son de plus en plus intense, la baguette éclata en pièces et il n’en resta que des fragments en forme de cercle, témoignant de la puissance de la note émise par le verre lui -même.
11 est donc prouvé que le Son peut désagréger les formes comme il peut les créer ; et nous comprenons qu il peut agir a la fois comme créateur, conservateur et destructeur : je dis conservateur, [)uisque sans lui rien n’existe. Tout est en mouvement perpétuel ; tel genre de mouvement construit la forme, tel autre la conserve et un troisième la détruit;
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mais la destruction d’une forme n’est que la construction d’une autre, et par conséquent le destructeui* n’est pas autre chose que le constructeur. Il n’y a pas d’annihilation, car la mort dans un monde est la naissance dans un autre.
Quelque imparfaite que soit cette esquisse partielle delà construction de TUnivers et de la puissance du Son, la conclusion qui s’en dégage est la justification d'un enseignement qui a été longtemps traité de superstition et de folie et considéré comme le simple balbutiement d’un peuple enfant. Ce toute antiquité la doctrine hindoue a reconnu la puissance du son dans le Mot sacré où sont contenues toutes les potentialités, dans la syllabe sainte qui exprime CKtre unique avec toutes les puissances de production, de conservation et de destruction. Aussi est-il défendu de le prononcer à la légère : il est interdit de le proférer dans les auditoires mêlés et les assemblées nombreuses, où la confusion et l’hostilité des magnétismesforment uneatmosphere trouble au sein de laquelle un son puissant produirait aussitôt le tumulte et non riiarmonie. On ne devrait jamais le prononcer sans que la pensée ne soit pure, le mental tranquille et la vie noble ; car le son qui construit au sein de riiarmonie, détruit dans la dissonance ; or tout ce qui est mauvais est dis-
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cordant, tandis que tout ce qui est pur est harmonieux. Le grand Souffle, qui est la pureté, procède en vibrations rythmiques, et tout ce qui est d’accord avec ce rythme est essentiellement pur et par conséquent harmonieux. Mais lorsque ce grand Souffle, agissant dans la matière, rencontre un obstacle c’est alors une chose impure qui se produit ; et si r'honime — disposant de ce souffle qui sort de lui, et qui est le reflet du Souffle suprême — possède une atmosphère impure ou non harmonique, prononcer le nom du Suprême dans de telles conditions, c’est faire appel à sa propre destruction, c’est introduire la dissonance au sein môme de la force divine ; et la désintégration est l’unique sort réservé a ce qui n’a plus rien de commun avec la divine harmonie.
Et ceci est vrai, non seulement de la Syllabe sacrée, mais aussi du Mantra employé pour construire. Vous êtes-vous jamais demande pourquoi l’on récite des ÎV'lantras lorsqu une nouvelle vie se prépare dans le sein d’une mère ? C’est pour que leur force créatrice agisse sur cette vie grandissante en y produisant des vibrations harmonieuses, afin que l’enfant qui naîtra soit digne d'être l’habitacle d’une Ame noble. Pourquoi la Religion commence-t-elle pour 1 Hindou dès le moment de sa conception ? C'est que l’Es-
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prit (i) ne doit jamais être sans Religion; quand l’Esprit revient en incarnation, i! faut que ces forces religieuses l’entourent etaident à la construction de sa demeure terrestre. C’est ainsi encore que le nouveau-né est salué par le Mot sacré au moment même de son entrée dans ce monde de manifestation. La sainte harmonie doit l’environner, lui donner à l’heure de sa naissance une impulsion qui se prolongera dans son développement, et modèlei'a pas à pas la vie grandissante. Quand vient le moment où l’Esprit peut agir plus directement sur le corps physique, vous le marquez par la cérémonie de l’initiation, en donnant à l’enfant le Mantra qui doit être la tonique de sa vie future. C’est pourquoi ce Mantra devrait être choisi par quelqu’un qui connaisse cette tonique, qui soit capable de le composer des sons voulus pour que l’harmonie se prolonge à travers toute la vie. Ici intervient le grand pouvoir préservateur du son : toutes les fois que cette vie sera en danger, ce son peut la protéger; toutes les fois que cette vie sera menacée d une façon visible ou invisible, ce Mantra simplement murmuré peut s’interposer entre elle et le danger, l’entourer de vagues d’harmonie contre lesquelles toutes les forces mauvaises viendront se briser. L’attaque de
(1) Ou Ame spirituelle (N. D. T.)
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Tennemi sera repoussée au contact de ces vibrations, et il en sera ainsi pendant toute la vie et jusqu’à l’heure de la mort. Chaque matin le chant de ce Mantra donnera la tonique de la journée, y introduira le rythme et l’harmonie ; et à la tombée du jour, au moment où le soleil disparaît une fois de plus, ce chant devra résonner pour que le trouble de la journée s’apaise et que l’Esprit devienne digne de s’avancer pendant la nuit vers son Seigneur.
Quand arrive entin l’heure de la mort et que l’Esprit doit passer dans d’autres régions de l’univers, le chant du Mantra l’accompagne encore. Dans les cérémonies du Shrâddha on emploie des sons particuliers pour briser la demeure d’esclavage de l'âme, pour détruire le corps engendré de l’autre côté de la mort et qui retient l’âme en prison. Ainsi le Son accompagne l’âme jusqu’au seuil même du Dévakan, jusqu’à ce qu’elle passe dans ce Loka où ies chants des Dévas environnent son séjour d’un océan d’harmonie ; harmonie perpétuelle où ne pénètre aucune dissonance terrestre; harmonie qui la retient au sein du repos parfait et delà parfaite béatitude, jusqu'à ce que soit prononcé le mot qui lui oi’donne de revenir à la terre, pour servir une fois encore à établir l’harmonie de la Nature.
LE FEU
Nous avons vu, en traitant de la construction du Cosmos, comment le grand Souflle était l’agent moteur et donnait à l’Akûsha cette propriété du Son qui est sa caractéristique primordiale. ()ue nous observions au point de vue de la conscience orientale ou au point de vue des investigations modernes de l’Occident, nous voyons que les divergences qui existent entre ce que nous appelons les données des sens sont des différences dans la manière dont la conscience traduit les impulsions extérieures, car ces impulsions sont fondamentalement les mêmes. L’effet du grand Souffle mettant l’Akàsha en action peut être représenté de diverses manières quand il atteint notre conscience, selon la façon dont nous le sentons .
On peut donc dire, tout aussi bien au poijfit'>*^ de vue oriental qu’occidental, que les sci<|a^‘'
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lions clifTèrent selon l’organe qui les reçoit ; les différences sont occasionnées par le corps à travers lequel les sensations sont reçues ; et la conscience traduit en des tons différents ce qui, au fond, est identique. Ainsi en étudiant la science occidentale, nous apprenons que tous les sens corporels ne sont que les développements d’un sens primitif, celui que nous appelons le sens du toucher.
De nombreuses recherches ont été faites dernièrement sur la nature et 1 action de l’éther, forme infime de ce que nous nommons Akâsha. Car l’Akâsha est la substance primordiale dont l’éther est une des manifestations inférieures en ce qui concerne notre système solaire. Cette substance, comme nous l'avons vu, possède le mouvement ; quant à l’Air, c’est le grand Souffle dans l’Akâsha et c’est ce qui donne naissance au sens du toucher.
Nous avons vu comment le Son avait évolué le sens de l’ouïe qui est en corrélation avec lui. Vient ensuite le toucher qui est en corrélation avec Vayou en tant que grand Souffle. Toutes ces vibrations de l’éther, d après la science moderne, ne sont que des modes de mouvement; de la réception d'un mode de mouvement par l’individu dépend le nom qui lui sera donné. La science enseigne que le son est un mode de mouvement auquel parti-
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cipe l'air cl que la lumicre est un autre mode de mouvement dû purement à l'éther. On a reconnu récemment que l’électricité était un autre mode de mouvement. La chaleur en est également un autre, et ainsi de suite. Ainsi la science occidentale s’est éveillée peu à peu à ce sentiment de l'unité, qui a toujours caractérisé la sagesse orientale. Ce qui dans le monde phénoménal a une apparence de diversité est pour la conscience, une unité fondamentale. En nous occupant donc de la lumière nous avons affaire simplement à un autre aspect pour la conscience, du mouvement primitif et si l’un de ces aspects est le son,hautre est la lumière. Il convient d’admettre, comme nous nous en convaincrons du reste, que les mêmes conceptions fondamentales expriment tantôt le son, tantôt la lumière, et que dans tout le Cosmos le son et la lumière peuvent s’intervertir. Je vous ferai voir que les dernières expériences faites en Occident ont prouvé leur équivalence dans la production des phénomènes.
Nous allons étudier maintenant les vibrations connues sous le nom de Lumière. Dans tous les écrits anciens, la Lumière est synonyme de Ce qui est au delà de notre conception, de Ce que nous avons indiqué comme ne pouvant être exprimé — pour employer un terme encore incorrect — que par la phrase
descriptive Para Brahman, c’est-à-dire 1 audelà de Braiiman. Pour nous communiquer cette pensée essentielle, les Ecritures emploient le mot « Ténèbres » — Ténèbres infinies et complètes qui n’expriment rien, car elles sont au delà de toute possibilité d’expression ; qui ne nous donnent aucune idée, parce que l’idée est limitée et implique la séparation de ce qui est pensé et de ce qui ne l’est pas ; et là il ne peut y avoir de séparation, là il n’y a pas de pensée, parce que la pensée suppose la distinction. C’est pourquoi les ténèbres, dans lesquelles il n’existe rien de visible ni d’invisible, constituent le meilleur des symboles : Ténèbres absolues, éternelles, incompréhensibles, qui se dressent en arrière de toute manifestation delà Lumière, comme de tout ce que nous y^ourrions exprimer par le langage humain. Et des Ténèbres vint d’abord la Lumière, mais la Lumière sans forme; visible, il est vrai, puisqu'elle entre en manifestation, mais sans forme, parce que la forme implique quelque chose de plus, l’espace, qui n a pas de forme. Aussi Brahman est-il dépeint comme « lumineux sans forme « ; c'est l’idée pure de la lumière ; idée qui exige naturellement un effort de cette imagination, dont nous avons parlé, car nous ne concevons la lumière que par l'intermédiaire de la source même de cette lumière, tandis qu’ici nous ne
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devons concevoir ni corps, ni forme, mais nous imaginer seulement la Lumière séparée de tout ce qui la limiterait. Elle est « lumineuse sans forme », et ce terme désigne Brahmandans la Mundakopanishad (i). Voilà donc la première idée : les Ténèbres et de là, la Lumière.
Et il est assez étrange que dans cette conception la science moderne ait aussi son mot à dire ; car si nous prenons le concept du mouvement, auquel nous avons rattaché le grand Souflle, les ténèbres sont, au point de vue de la conscience humaine, compatibles avec le mouvement. La lumière est en effet une forme du mouvement, mais quand les vibrations sont trop rapides ou trop lentes pour produire de la lumière, elles nous donnent Timpression de ténèbres. V oilà un fait bien significatif et qui mérite que l’esprit s’y arrête : lorsque vous imaginez des vibrations tellement rapides qu’elles ne peuvent être ressenties par les sens, la conscience, en réponse à ces vibrations si extraordinairement rapides, conçoit les ténèbres. En réalité, au delà de la conscience humaine telle qu’elle existe actuellement, il y a la possibilité — et nous ne pouvons pas dire s’il rfy a pas des
(1) Mundaka, II, I, 2.
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possibilités sans nombre — d'une existence qui dépasse ce que peuvent éprouver nos sens.
La science nous dit que les vibrations trop rapides pour que nos yeux puissent les enregistrer sont transmises à la conscience sous forme de ténèbres ; ce n'est que par leur ralentissement que les vibrations peuvent devenir lumineuses. Si nous traduisons cette pensée scientifique en langage métaphysique nous aurons les prémices de la manifestation de funivers car, si ce qui dépasse la pen* sée se ralentit pour entrer en manifestation le résultat en est la lumière. C’est pourquoi, même dans funivers visible, vous trouverez souvent que ce qui est vraiment lumineux dans son essence ne donne pas de lumière, parce que les ondes en sont tj*op rapides ; et si nous désirons que ce pouvoir lumineux apparaisse, nous devons ralentir ces vibrations en les soumettant à une opération particulière. Ainsi quand funivers se prépare à entrer en manifestation, c'est-à-dire quand la substance évolue, il y a ralentissement du mouvement dans les Ténèbres infinies, et par le ralentissement de ses vibrations la Lumière sans forme apparaît. Il semble que f Occident ait eu l’intuition de l’ancienne et profonde pensée orientale, car par sa méthode expérimentale la pensée occidentale avance en tâtonnant vers
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ridée même que les livres orientaux nous donnent dès le commencement des choses.
De cette radiance sans forme, de cette luminosité qui est Lumière en son essence se manifestant elle-même — et qui est appelée quelquefois « Flamme froide » pour exclure ridée de chaleur de cette pure Lumière — se forme la seconde manifestation, le second Logos dont nous avons parlé; alors la Lumière devient Feu. Elle n’est plus absolument sans forme et sans chaleur; avec le ralentissement plus prononcé de la Lumière, et à mesure que procède la manifestation, la chaleur sera engendrée et vous aurez le Feu, dont ressence est la chaleur ; la Flamme froide et sans forme deviendra le Feu, l’agent actif dans la construction du Cosmos.
Mais le Feu ne peut apparaître seul; su nature même implique quelque chose de plus que la Lumière dont il naît; elle implique que par frottement la chaleur doit prendre naissance; elle implique encore cette conception de dualité dont nous avons parlé en traitant de la double manifestation à propos du Son. Il en est de môme pour le Feu ; nous ne pouvons y penser sans songera son action, et la première action du Feu est toujours le développement de rhumidité. De sorte que dans ce Second Logos, dans cette manifestation en dualité de forme, le Feu et PEau sont
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les deux choses qui se présentent à noire pensée : le Feu qui est Esprit en son essence, l’Eau qui sert toujours de symbole à 1 essence de la Matière. De même que nous avons reconnu FEsprit-Matière pour le Second Logos et que nous y avons découvert l’origine véritable de la potentialité du Son, ainsi en le considérant au point de vue de la Lumière, nous avons la conception du Feu et de l’Eau, de la Lumière du Logos et de ce en quoi elle agit. Le Lotus a toujours été le symbole de cette vérité; il sort du nombril de Vishnou, caché dans les eaux d’où jaillira la vie ; sous cet aspect, \nshnou, qui ne flotte pas mais est caché sous les eaux, représente le Premier Logos, et le Lotus qui naît de son nombril est le Second Logos, le symbole du Feu et de l’Eau; caries feuilles du Lotus, terminées en pointes, figurent les (lammes flottant sur 1 eau et s’élançant vers le ciel.
Le Lotus a toujours été regardé comme le symbole du Feu créateur, dont les entrailles engendreront la chaleur, la force créatrice active. C'est pourquoi dans la fleur du Lotus, ou dans son bouton primitif, existe le Troisième Logos, Brahmû ou l’agent actif créateur, qui est le synonyme de Mahat ou de l’intelligence créatrice dans les entraillles du Feu ; lorsque le Feu s’épanouit la seconde flamme apparaît ; celle-ci est créatrice, ce