ACTE TROISIÈME
ANNBTTR.
Et je crois que votre condescendance ne vous coûte guère.
d'estrigaud.
Du moins le respect que je dois à votre réputation et à votre tranquillité...
ANNETTE, ironiquf»menf.
Ohl vous êtes très-respectueux, c'est incontestable. d'estrigaud.
Les femmes sont toutes les mêmes. Si je touchais le bout de votre gant, vous me trouveriez odieux ; et parce que je reste dans les bornes du plus profond respect, vous me trouvez presque ridicule ; avouez-le.
ANNETTE, qui joue depuis un momfnl avec la cote de la bourse.
Un franc de hausse sur la rente.
d'estrigaud.
Plaît-il?
annktte.
Un franc de hausse...
D'eSTRIGAUD, stupéfait.
C'est impossible!
ANNETTE
Voyez plutôt. (Eiie lui donne la cote.) Gela VOUS contraric ?
d'estrigaud.
Non... cela m'étonne, (a pan.) Ruiaé!...
ANNETTE, se levant.
Les cinq minutes que je dois à M. Quentin sont écoulées. — Ne me regardez pas de cet œil farouche et accompagnez-moi jusqu'à l'antichambre avec force salamalecs pom' achever d'édifier vos gens sur mon compte.
D^ESTRIGAUD, rarrétant parla main.
De grâce, madame, encore un instant...
ANNETTR.
Que vous reste-t-il à me dire ?
D*ESTRIGAUD.
Que je vous adore. '
Ah ! vous aviez raison, monsieur, ici c'est odieux! d'estrigaud.
Pourquoi? Toutes les portes sont ouvertes; vous êtes aussi en sûreté que chez vous. Et ai je ne vous le dis pas ici, où vous le dirai -je? ce n'est pas une déclaration que je vous fais , c'est un adieu éternel.
ANNETTE
Un adieu étemel? Voilà un bien grand mot.
D^ESTRIGAUD.
Mon amitié pour votre frère ne me sépare-t-elle pas de vous à jamais?
ANNETTE
Tout ce qu'il peut vous demander, c'est de venir moins souvent chez moi.
d'estrïgaud. ^
Sans doute. Mais il m'a ouvert les yeux; je ne m'apercevais pas que je vous aime follement!... Oh ! laissez-moi vous le dire pour la première et pour la dernière fois!
ANNETTE
Pourquoi avez -vous parlé? Ce n'est pas mon frère qui nous sépare maintenant, c'est voire aveu.
d'estrïgaud.
Je m'étais juré de me taire jusqu'au bout, mais l'effort a dépassé mes forces !... Et puis, qu'importe? Maintenant