BE L'ADORATION MENTALE. EN GENERAL
Quiconque, par consequent, desire commencer d 'aimer vraiment le bon Dieu de tout son coeur et de toute son ^me, doit s'adonner beaucoup a I'oraison ; et quiconque desire faire progr^s dans I'amour, doit continuer sans cesse de s'adonner k ce saint exercice. Cessez pendant quelque temps de faire oraison et pendant ce temps vous vous arr^tez d'aimer. Sevrez-vous com.pletement de I'oraison mentale et bient6t vous cesserez tout k fait d'aimer ; alors m^me que vous continueriez de faire beaucoup de pri^res vocales et de chanter tous les psaumes dont se compose Toffice du choeur. Si I'esprit d'oraison ne vivifie pas de son souffle tous vos actes d 'adoration corporelle, Dieu dira de vous comme des anciens Israelites : « Ce peuple tn'honore du houf des Uvres, mais son coeur est loin de moi ». (Mat. XV, 8.)
C'est par I'oraison, plus que par tout
— TQ.^. — Contemplation chr6tienne. — 13.
LA CONTEMPLATION CHRETlENNE
autre moyen, que nous devenons d^ifi^s, que nous nous transformons surnaturellement en la ressemblance divine. C'est I'acte par lequel il nous est donne de Jeter les yeux de notre ^me sur le miroir resplendissant de la Divinite. II est vrai que, pour le moment du moins, nous n'avons de Dieu qu'une perception confuse, et cependant, c'est bien Lui que nous apercevrons, selon le mot de saint Paul, comme a travers une vitre indistinctement. {Cor, xiii, 12.) Nous dressons, pour ainsi dire, le miroir de notre ame en face de celui de la Divine Essence : « miroir contre miroir », dit Ruysbrock ; de mani^re a recevoir en nous son image reflechie. Bien entendu, pour que cela reussisse, il est necessaire que le miroir de I'ame soit luisant de propret^. II ne faut pas en couvrir la surface du voile de notre amour-propre, ni, par nos negligences r6p6tdes, y laisser d6po-