I», qu. 8, a. i, ad
3. I» II», qu. 110, a. 2, ad 3 ; De caritate, a. 1, ad 22 ; De potentia, qu. 3 a. 8, ad 3. Le renouvellement d'une âme par la grâce requiert l'action de Dieu autant qu'une création. Toutefois ce n'est pas ime création proprement dite. La grâce est tirée de la puissance obédientielle de l'âme dont elle dépend. En ce sens-là l'essence de l'âme est cause matérielle de la grâce (De Veritate, qu. 27, a. 3 ; de Virt. in com., a. 10, ad 13).
s LA CONTEMPLATION MYSTIQUE
l'homme, mais de Dieu qu'il est né. » Ainsi parle saint Jean ^, écho fidèle des paroles de son divin Maître : « En vérité, disait Jésus, nul, s'il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème répondit : « Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il naître ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître de nouveau ? » Jésus reprit : « En vérité, en vérité je te le dis, nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Car ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit 2. » La liturgie du Samedi Saint nous offre un magnifique commentaire de ce texte. En bénissant les eaux qui doivent servir au baptême, le prêtre dit ces prières : « Envoyez, Dieu tout puissant, l'Esprit d'adoption pour régénérer ces nouveaux peuples, que la fontaine baptismale va nous enfanter... Qu'il daigne, cet Esprit-Saint, féconder par l'impression secrète de sa divinité cette eau préparée pour la régénération des hommes, afin que cette divine fontaine ayant conçu la sanctification, on voie sortir de son sein très pur une race toute céleste, une créature renouvelée. »
Comment dès lors ne pas partager l'émotion de l'apôtre saint Jean : « Voyez donc quel amour Dieu nous a témoigné, que nous soyons appelés enfants de Dieu, et que nous le soyons en effet ! Mes bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons un jour n'a pas encore été manifesté, mais nous savons qu'au temps de cette manifestation nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu'il est ^. » En attendant de nous conduire à cet âge adulte, la grâce « demeure en nous dès maintenant comme la semence de Dieu *, » « elle nous donne part à la nature divine », proclame saint Pierre ^. Et saint Thomas, malgré sa rigueur théologique, n'hésite pas à répéter cette affirmation : « La grâce n'est autre chose qu'une