‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 103 sur 227 · L. I, ch. xn · texte numérisé non relu

L. I, ch. xn

3. Dans l'édition du P. NOEL on trouve ce texte au t. IV, p. 50 (13"^ « Dim. après l'oct. de la Tiinité).

à cette pointe qui cliez les mystiques se tourne vers Dieu, comme l'aiguille de la boussole se fixe vers le Nord, sainte Thérèse donne le nom d'esprit, l'esprit de Vâme, qu'il ne faut pas confondre avec l'entendement. C'est bien cela aussi que Pascal nomme le cœur, par opposition à la raison ^. Et saint Jean de la Croix nous parle de la substance de l'âme qui est au-dessus de la volonté délibérante ^.

« Au point du jour, écrivait sainte Jeanne de Chantai, Dieu m'a fait goûter, mais presque imperceptiblement, une petite lumière en la très haute suprême pointe de mon esprit. Tout le reste de mon âme et de ses facultés n'en ont point joui : mais elle n'a dure qu'un demi Ave Maria ^. » Une pauvre paysanne disait à Marie de Valence : « Nous avons ici dedans un jour », et, ce disant, elle mettait la main au front, « ce jour dont je parle n'est pas le jour que nous voyons des yeux corporels, et dans ce jour je vois le Père, c'est-à-dire le Sauveur, et la Mère bienfaisante *. »

L'expression varie. Tantôt elle est issue d'un système philo-

1. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point : on le sait en mille choses : je dis que le cœur aime l'être universel naturellement.» Pensées, n° 277 (éd. Brunschvicg). « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur ; c'est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes... Et c'est sur ces connaissances du cœur et de l'instinct qu'il faut que la raison s'appuie, et qu'elle y fonde tout son discours... Plût à Dieu que nous connussions toutes choses par instinct et par sentiment I Mais la nature nous a refusé ce bien, et elle ne nous a au contraire dooné que très peu de connaissances de cette sorte ; toutes les autres ne peuvent être acquises que par raisonnement. Et c'est pourquoi ceux h qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bienheureux et bien lésilimement persuadés. Mais ceux qui ne l'ont pas, vous ne pouvez la leur donner que t<ar raisonnement, on attendant que Dieu la leur donne par sentiment du cœur.i n" 282... «C'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi, Dieu sensible au cœur. » no 278.

2. < Cet amour passif n'atteint pas directement la volonté ; cette faculté est libre (il faut comprendre sans doute " délibère », et ainsi dans toute la suite du texte) et l'embrasement d'amour est plus passion d'amour qu'acte libre de la volonté : car l'ardeur d'aimer s'anime dans la substance de l'âme et ainsi excite passivement les affoclions. Il faudrait donc plutfll nommer cette ardeur pjission d'amour qu'acte libre, car un acte de volonté n'existe pas sans liberté. » La Nuit obscure, 1. II, ch. Xllt. — Cf. Cantiq. strophe XIV. p. 127 (éd. Hoornaert).

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