liv. VII
l'élément fondamental de l'état mystique 149
aspirée en Dieu. « Le souffle de ces dons sortant de la bouche du Seigneur en son baiser est d'ordinaire si efficace, quand il s'imprime sur une âme avide des célestes désirs, qu'il attire son souffle et la transporte jusqu'à la faire participer à la vie divine ; même il l'arrache si puissamment aux choses terrestres et temporelles que parfois la mort corporelle peut s'ensuivre, témoin Moïse dont il est dit (Deuter,, xxxiii) qu'il mourut sur l'ordre du Seigneur, et, selon une traduction de l'hébreu, qu'il mourut d'un baiser du Seigneur ; car l'ordre de la bouche divine fut comme un baiser que le Seigneur imprima sur l'âme de Moïse assez fortement pour en aspirer et tirer à lui tout le souffle vital, et pour la ravir près de lui, hors de la chair, par la force de l'amour spirituel. Cela surtout doit nous donner l'intelligence de ce livre mystérieux, consacré aux amours spirituelles, qui se nomme le Cantique des Cantiques, et qui débute par un baiser du Seigneur i. »
Au terme de cette longue description d'ordre théologique et toute spéculative, une question se pose, et c'est seulement après y avoir donné réponse que nous pourrons rejoindre les données de fait par lesquelles nous avons commencé. Que représentent ces mouvements de grâce dans une psychologie individuelle ? Comment affleurent-ils dans la conscience, de façon à constituer cet état d'âme qui forme le fond de la contemplation mystique ?
§ III. — Comment la passivité de l'amour apparaît dans