I» Il«e, qu. 15, a
Veritatem sentiendo vidit.
S. Grégoire, cité par S. Thomas (De Veritate
qu. 10, a. H, ad 14).
L'âme savoure sa charité que le Saint-Esprit s'est chargé lui-même d'émouvoir. Et ce sentiment, avons-nous vu, forme le fond constant de l'état mystique. Ajoutons que l'on y rencontre d'ordinaire un véritable enrichissement intellectuel. Ce surcroît de connaissance est variable, tantôt assez précis, plus souvent ineffable, mais très réel néanmoins. Au milieu de la nuit obscure, où l'âme repose paisiblement, cœur à cœur avec son Bien-Aimé, brillent parfois des éclairs dont tout se trouve illuminé. Nous avons lu jadis une page où sainte Thérèse décrit soigneusement l'état mystique. C'est le moment d'en remarquer quelques lignes sur lesquelles nous n'avons pas encore insisté. « L'âme, dit la sainte, reçoit alors communication de grandes vérités. Cette lumière, qui l'éblouit au point de ne pas la laisser comprendre ce qui se passe en elle, lui révèle le néant du monde. Sans voir le Maître plein de bonté qui l'instruit, elle comprend qu'il est avec elle, et elle se trouve si bien enseignée, elle sent en elle des effets si puissants et tant de force pour pratiquer la vertu, qu'elle ne se reconnaît plus et voudrait ne faire autre chose que bénir le Seigneur ^ » Ailleurs la même sainte avait écrit : « Dans l'espace d'un Credo nous recevons, sans discourir, plus de lumière que nous ne pourrions en acquérir en bien des années par toutes nos indus-