‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 120 sur 227 · Ste Thérèse, Vie par elle-même, ch. xii · texte numérisé non relu

Ste Thérèse, Vie par elle-même, ch. xii

2. Il» II»e, qu. 180, a. 1. — Voir encore /// Sent., d. :«, qu. 2, art. 2 • a SapienticB djonum dilectionem quasi principium praesupponit et sic iu affectione est. Sed quantum ad essentiam in cognitione est. Unde ipsius actus videtur esse hic et in future divina amata conteTtiplari et per eas de aliis judicare non soium in speculativis, sed etiam iu a^reudis in quitus ex fine judiciuai sumifur. ^ — De même, II» II»*, qu. 45, a. 2.

pour l'orienter vers Dieu. Nous y découvrons déjà un foyer d'où la lumière jaillit et se projette sur la vérité divine.

Le Docteur angélique a approuvé cette parole de saint Grégoire : t L'amour aussi est connaissance ^ ». Et le langage courant affirme que lorsqu'on aime on connaît mieux.

Mais qu'est-ce à dire ? En quoi consiste ce rôle de l'affection dans la connaissance ? On dit que l'amour discerne, répond saint Thomas, parce qu'il pousse la raison à discerner ^.

Et d'abord l'affection que le disciple a pour son maître et pour l'objet de l'enseignement (ici les deux ne font qu'un, car c'est Dieu qui se révèle lui-même), l'affection, dis-je, tient l'esprit du disciple en arrêt, toutes ses facultés attentives et dociles, devant l'énoncé mystérieux qui lui est proposé. « Pour apprendre il faut commencer par croire », dit Aristote. Faute de cette condition en effet, on se rebute dès le principe, on méprise l'enseignement offert, et l'on reste ignorant comme par le passé.

Quand Jésus voulut initier le monde au plus adorable de ses mystères, « les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ?... Beaucoup de ses disciples eux-mêmes murmuraient : Cette parole est dure, et qui peut l'entendre ?... Et dès ce moment ils se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux Douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? vous avez les paroles de la vie éternelle ^. »

Ceux qui aiment les paroles de la vie éternelle ne se contentent pas de demeurer passivement devant le divin Maître. Ne pas se rebuter, c'est quelque chose, mais c'est peu encore. Marie, la Vierge sage, n'ayant pas saisi du premier coup la réponse de son Fils, la conservait néanmoins, la roulait attentivement dans son cœur pour arriver à la comprendre enfin *.

Lorsqu'il étudie les effets de l'amour, saint Thomas fait ces

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