Luc, II
A l'École du maître intérieur 1C7
remarques psychologiques : « On dit que l'aimé est dans celui qui aime, car il demeure enveloppé dans sa pensée, selon ce mot de l'Épître aux Philippiens (î, 7) : Je vous porte dans mon cœur. On dit aussi que celui qui aime est dans l'objet de son amour, parce qu'il ne se contente pas d'en avoir une connaissance superficielle, mais il s'efforce d'en découvrir toutes les particularités, et il pénètre ainsi dans le secret de son être ^ »
Mais la question est de savoir à qui va notre amour. Si nous avons donné toute notre affection à quelque objet terrestre, indigne d'accaparer le cœur humain, alors, préoccupés de lui, nous devenons incapables de penser à Dieu même. C'est l'aveuglement de l'esprit, ce vice que saint Thomas oppose aux dons intellectuels du Saint-Esprit '.
Au contraire, si nous sommes dans la disposition d'aimer le seul objet qui mérite de posséder notre âme entière. Dieu en personne, nous nous sentons perpétuellement stimulés à le mieux connaître. Le cœur se sert de l'intelligence comme d'un projecteur lumineux avec lequel il fouille sans cesse le divin et précise les contours de ce qu'il a vaguement sentî. Voyez saint Thomas. Nous l'avons entendu tout enfant demander aux moines du Mont-Cassin : Qu'est-ce que Dieu ? Et sa vie entière, il posa la grande, l'unique question à tous ceux qui pouvaient lui donner une réponse, depuis les auteurs inspirés jusqu'aux philosophes païens. Considérez-le absorbé par l'étude de son Dieu, même à la table du roi saint Louis ^, éveillé