‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 131 sur 227 · Œuvres de saint François de Sales, t. XIV, p · texte numérisé non relu

Œuvres de saint François de Sales, t. XIV, p

seul esprit, indivisible, inséparable, sinon celui qui est unité par essence ? ^ » Et encore, après quelques mois de l'intimité quasi quotidienne qu'exigeaient leurs communs soucis de fondateurs, voici en quels termes il attirait l'attention de la sainte sur la correspondance extraordinaire de leurs pensées et de leurs désirs : « Remarquez que Notre-Seigneur ne vous donne jamais de violentes inspirations de la pureté et de la perfection de votre cœur, qu'il ne me donne la même volonté, pour nous faire connaître qu'il ne faut qu'une inspiration d'une même chose à un même cœur et que, par l'unité de l'inspiration, nous sachions que cette souveraine Providence veut que nous soyons une même âme pour la poursuite d'une même œuvre et pour la pureté de notre perfection ^. » C'est là-dessus que le supérieur de la Visitation s'appuyait une autre fois pour amener sainte Chantai à prendre elle-même des décisions : « Vous pouvez toujours répondre pour moi sans scrupule, car il se trouvera toujours que ce sera moi qui aurai répondu. Vous êtes, et d'esprit, et de volonté, et de tout, une môme chose avec moi ^. »

Fort bien, dira-t-on, mais comment une telle communion de pensée peut-elle exister entre l'âme et Dieu ? 11 y a si loin de la pauvre humanité à l'Être infiniment parfait !

Sans doute. Mais oubliez-vous donc ce que notre foi nous enseigne ? Dieu a voulu, par don gratuit, nous élever à son niveau, nous faire participer à sa nature. Cette œuvre est déjà commencée chez l'enfant baptisé. Elle grandit à mesure que l'on se perfectionne. On en prend plus fortement conscience à ces moments d'amour mystique que nous avons décrits précédemment *. Alors surtout l'harmonie règne entre l'âme et Dieu. Rien que par sympathie l'àme comprend ce que Dieu dit dans la Sainte Écriture et par la bouche de l'Église, et les buts qu'il poursuit dans le gouvernement du monde.

D'autant plus que c'est aussi la charité qui se trouve en

i. Ibid.,t. XV, p. 56.

Page 1