Ibid., I. XVI, p
fl. Veir rli. IV, L'élément fùlldaincntnl dr l'ilal 'nijihque.
A l'École du maître intérieur 163
Dieu la source première de tous ses desseins dans l'économie de notre salut. Il nous a aimés d'un amour éternel, et c'est la raison unique pour laquelle il nous a créés, élevés à l'ordre surnaturel, rachetés au prix de son sang, incorporés à son Fils, et destinés à prendre place avec lui dans le ciel ^. Deus caritas est, ainsi saint Jean a-t-il défini notre Père céleste.
« Dieu qui est charité », et l'âme qui se résout toute en charité, vivent donc en parfaite intelligence. Même si la vérité semble mystérieuse pour sa raison, même si des malheurs fondent sur elle et si elle souffre, l'âme sent que c'est bien ainsi. « Lorsque avec ce regard inquiet (sans défiance pourtant) qu'inspire une profonde douleur on le regarde, Lui qu'on est accoutumé d'appeler Père, et lorsqu'on l'interroge pour lui demander comment l'enfant si aimé d'un tel Père bienheureux et tout-puissant est condamné à souffrir ainsi, on sent, en contemplant son divin visage, que la colère n'y est point apparue, que la sérénité y règne, que le sourire de la bonté n'y cesse pas ^. »
Mais ce n'est pas assez de dire que l'instinct d'amour peut conduire par un autre chemin au même terme que le raisonnement. Il y ajoute encore des données nouvelles que la simple raison est incapable de fournir.
En effet, n'y a-t-il pas chez celui qui aime, et parce qu'il aime, des expériences intimes dues à ce contact que l'affection seule établit avec l'être aimé ? Car l'affection opère entre nous une véritable compénétration psychologique. Saint François de Sales le remarquait tout à l'heure. Et saint Thomas en rend ainsi raison :
« L'être que nous aimons est en nous. Il y vient d'abord par une impression agréable que nous ressentons sous son influence. Nous nous trouvons modelés intérieurement par ses attraits. Nous nous complaisons en lui. Ce sentiment constitue l'amour. Puis le désir et la recherche s'ensuivent qui nous emportent vers ce que nous aimons pour en jouir effectivement et nous y reposer. Sans doute l'objet séduisant reste