‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 139 sur 227 · II Cor., IV · texte numérisé non relu

II Cor., IV

2. « Ad secundum vero mndum (visionis) «itii est naturalis ipsi anpelo, *t gupra nafuram hnmiiiis, elevatur honio pcr graliam, etiam posl statuni ruipœ, fient rtiam in viris contoniplalivis palet qui rovolalioncs diviiias mcrontiir et inulto aniplius fuit in primo statu pcr kt-i' '•'»'" oripinalis justiliœ. » (// Sent., dist. 23, qu. 2, a. 1). - • Ex pcrfrrtidno pr,itia> hoc habcbat liomo in «tatu innocentiffi ut Deum roRnoscercI pcr inspiralinncra intcrnam ex irradiations divinsB sapicntiic ; pcr quein nioduin Ps-uin cognoscrbal non ex vi«ibilibus crcaturisi, sed ex quadam spiriliiali siniilituditis axue menti imprcssa. > (Di Verit., qu. 18, a. 2 ; cf. art. 1, corp. et ad 1).

A l'École du maître intérieur 193

exemple. « Il plaît alors au Dieu de bonté qui est le nôtre de faire tomber les écailles des yeux de l'âme ^, afin qu'elle contemple, qu'elle comprenne, mais par une voie extraordinaire, quelque chose de la faveur dont il la gratifie [dans l'union mystique]. Une fois qu'elle est introduite dans cette demeure, les trois Personnes de la très sainte Trinité, dans une vision intellectuelle, se découvrent à elle par une certaine représentation de la vérité et au milieu d'un embrasement qui, semblable à une nuée resplendissante, vient droit à son esprit. Les trois divines Personnes se montrent distinctes, et, par une notion admirable qui lui est communiquée, l'âme connaît d'une certitude absolue que toutes trois ne sont qu'une même substance, une même puissance, une même science et un seul Dieu, Ainsi ce que nous croyons par la foi, l'âme, on peut le dire, le perçoit ici par la vue. Et cependant l'on ne voit rien, ni des yeux du corps, ni des yeux de l'âme, parce que ce n'est pas une vision Imaginative. Alors les Personnes divines se communiquent toutes trois à l'âme, elles lui parlent et lui découvrent le sens de ce passage de l'Évangile où Notre-Seigneur annonce qu'il viendra, avec le Père et l'Esprit-Saint, habiter dans l'âme qui l'aime et garde ses commandements ^. O Dieu ! Quelle différence entre écouter ces paroles, les croire même, ou comprendre par la voie que je viens de dire à quel point elles sont vraies ! * »

Sainte Thérèse opposait tout à l'heure la vision intellectuelle à la vision imaginative. Celle-ci se produit quand le Maître divin, se conformant au procédé habituel de notre esprit, représente sous forme symbolique dans l'imagination la vérité qu'il veut exprimer. Les prophètes ont joui couramment de ce don qui leur aidait à concevoir et à exposer leurs révélations. L'Apocalypse de saint Jean est rempli de telles visions. En voici une de sainte Catherine de Sienne que le Bienheureux Raymond de Capoue nous rapporte comme il suit : « Elle voyait le Père tout-puissant et éternel, de la bouche duquel

i. Cf. Act., IX, 18.

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