‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 15 sur 227 · Rom. V · texte numérisé non relu

Rom. V

l'hote divin 13

l'amour... L'Esprit-Saint repose dans les âmes justes comme la colombe dans son nid. Il couve les bons désirs dans une âme pure, comme la colombe couve ses petits. »

Il est vrai qu'en Dieu tout est commun au Père, au Fils et à l'Esprit : la nature, les perfections, les œuvres, tout. Ils ont une seule et même essence divine, ils possèdent ensemble et également l'Éternité, l'Intelligence infinie, la Bonté sans borne, la Toute-Puissance. Ils créent et gouvernent le monde dans la solidarité la plus parfaite que l'on puisse rêver. Aucune distinction entre eux que par ces relations de Paternité, de Filiation, d'Amour réciproque qui les mettent face à face. Cette distinction qui constitue les trois personnes ne se manifeste au dehors que dans un cas, lorsque le Fils remplit une fonction personnelle en prenant à son compte la nature humaine de Jésus. Mais hormis ce cas unique tout est commun aux trois personnes divines dans leurs œuvres extérieures, quelles qu'elles soient, car c'est par leur nature commune qu'elles les accomplissent. D'un geste unanime, elles produisent et entretiennent la charité dans notre âme.

Et pourtant il convient d'attribuer cette œuvre à l'Esprit- Saint. Notre connaissance des trois personnes divines est si pauvre, leurs caractères distinctifs échappent à peu près totalement à notre intelligence : c'est le mystère de la vie divine absolument incompréhensible tant que nous cheminons loin du ciel. Les perfections de l'unique nature sont plus à notre portée ; à l'aide des choses créées qui nous entourent, nous nous élevons par degrés à la cause première qui a imprimé en elles son image. Mais arrivés à ces hauteurs, qui nous empêche de tenter un nouvel et suprême effort pour pénétrer quelque chose de la Trinité même ? Nous pouvons bien utiliser les perfections essentielles de la nature divine qui offrent une ressemblance avec le caractère distinctif de chaque Personne, pour nous aider à définir la physionomie de celle-ci. Alors le plus élevé des mystères que nous croyons et dont nous vivons, prend dans notre faible esprit une réelle consistance, et cela pour notre plus grand bien i. Nous disons du Père, de cette personne qui ne procède

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