‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 156 sur 227 · m», qu. 1, art · texte numérisé non relu

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216 LA CONTEMPLAITON MYSTIQUE

doute se dissipait. On voyait en son âme l'intelligence et le cœur en leur pleine harmonie, se commandant et se servant tout à îour. Le cœur, par îa prière, méritait le contact de Dieu ; l'intelligence, bénéficiaire de ce contact, jouissait d'une intuition d'autant plus lumineuse que le cœur aimait avec plus d'ardeur 1. »

Mais, quoi qu'en dise le frère Renaud, saint Thomas profitait aussi des lumières de son génie *. Là encore il n'est pas facile de faire le départ entre l'œuvre de sa sublime intelligence, agissant avec le simple concours du Saint-Esprit, et ce qui dans ses œuvres émane directement de l'illumination divine. Car il l'enseigne lui-même, ce n'est guère par le résultat obtenu, mais plutôt par son procédé psychologique que se distingue, de la vertu de sagesse, le don du Saint-Esprit qui porte le même nom ^. Sans doute les grandes vues surnaturelles, comme les actions héroïques, sont-elles plus particulièrement du ressort des dons. * Mais les fruits de l'instinct divin sont pourtant conformes à ceux d'une bonne réflexion humaine. Et si j'ignore comment ils ont été produits, je ne puis qualifier leur origine. Où trouver des exemples certains de l'activité du don de sagesse ? Il faudrait en appeler à des personnes sans culture théologique que Dieu gratifie de clartés spéciales pour le perfectionnement de leur âme. Voici deux traits que j'emprunte aux confidences de ces mystiques éminentes entre toutes, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse.

« Je me demandais un jour, dit celle-ci, pourquoi Notre- Seigneur aime tant la vertu d'humilité. Tout à coup et sans réflexion, ce me semble, il me vint à l'esprit que c'est parce que Dieu est la suprême Vérité, et que l'humilité n'est autre chose que marcher dans la vérité. (Voilà l'explication par la cause suprême venant d'une illumination du Saint-Esprit : on recon-

1. GuiLL. DE Thoco, VII. 31 ; cf. 40 : « .Ji\ni,iis jo n'ai lu un livre que le Saint Esprit ne m'ait aidé à le comprondre et à y tnuchur la profondeur d'un mystère.*

2. Sans parler desi grâces ufTiciolles attachéas aux foncUotu profasaoralos et qui gont appareutées aux charismes de l'apôtre saint Paul

3. I»T1»". qu.08, art. l.yj, ad 1 ;I I» 1I*«, qu. V.'>, a. I,ad2 ; a. S.

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