GuiLL. m-, Tiioco, Vila S. Thomœ, cap. m, S l
2. DiiUANTEi., saint Thomas et le pseudo Dcnyn, \i. 00. — Il faudrait roduirs un ppu Cl! rliilTrc, car M. Durantel compte parmi les œm-ros aulliunU()uos du saint quelques upusculcs apocriT^hes.
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natives les aptitudes supérieures que Dieu y ajoute gratuitement. Ce n'est point à saintTiiomas qu'un tel reproche peut s'adresser. Mais d'autre part il a su reconnaître l'harmonie profonde qui règne entre l'ordre naturel et l'ordre surnaturel. Pour lui la grâce perfectionne la nature, et les aspirations de l'une se trouvent comblées par l'autre au-delà de toute espérance.
C'est le cas pour l'intuition de l'essence divine.
« Tous les hommes ont naturellement le désir de découvrir les causes de ce qu'ils aperçoivent. Leur surprise en présence d'événements dont ils ignoraient le pourquoi a fait naître la philosophie. La raison une fois révélée, l'intelligence se tient pour satisfaite. Mais son inquiétude ne cesse complètement que si d'étape en étape elle a pu remonter jusqu'à la cause suprême. Alors seulement notre intelligence se repose tout à fait contente. Les hommes ont donc par instinct le désir de connaître la cause première, c'est-à-dire Dieu lui-même ^. »
Connaître non seulement l'existence de Dieu, mais sa vie intime, nous le voudrions bien, si c'était possible. Or Dieu a voulu que ce rêve puisse se réaliser. C'est un fait. Des messagers divins, portant leurs titres de créance, vinrent nous le révéler. « Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dit saint Pau!, nous a dans ces derniers temps parlé par son propre Fils *. » A cette révélation extérieure que l'Église conserve et répète, s'ajoute l'instinct du Saint-Esprit, notre Maître intérieur, qui stimule vers le but surnaturel les âmes qui lui sont dociles. Si bien que par la grâce nous sentons comme naturellement en nous un vrai désir de voir Dieu. Ce désir ne peut être frustré ^.
De quelle manière Dieu le comblera-t-il ? Suivons bien le raisonnement de saint Thomas. Quand nous examinons des natures qui sont coordonnées de façon à former ensemble un système, nous constatons que la nature inférieure, non contente
i. III Cent., cap. 25. — Cf. cap. 50 et 51.
■2 Hebr., i, 1.
3. « Quamvis homo naturaliter inclinetur in finem ultimum, non tamen potest naturaliter illum consequi sed solum par gratiam, et hoc propter eminentiam ilMus finis » (in Boet. de Trinit., qu 6, a. 4. ad 5). — Cf. I» qu. 12, a. \ ï» Iiw, qu. 3, a. 8.
de suivre le mouvement qui lui est propre, subit encore l'influence de la nature supérieure. Ainsi la mer, laissée à elle-même, S'étend en nappe et épouse la forme du globe. Mais la lune l'attire et en gonflant sa masse produit le phénomène des marées. Ceci n'est naturel à l'eau que si on la considère en composition avec la lune. Autrement ce flux et ce reflux lui sont surnaturels.
Sur ce principe, éclairé par cette comparaison, notre Docteur va édifier une théorie splendide. Dans l'ordre des règnes Dieu est notre supérieur immédiat. Avec les esprits angéliques et seul de cet univers visible, l'homme appartient, si j'ose dire, à la famille divine. Toutes les créatures ont bien avec Dieu cette ressemblance générale d'exister. En plusieurs on remarque une similitude déjà plus précise, celle de vivre. Mais l'homme, en sa qualité d'être pensant, est à l'image du Créateur.
Sans doute l'homme pense à sa façon, qui n'est point celle de Dieu. Nous avons cette première infirmité que, pour arriver à percevoir l'être, il nous faut partir des données sensibles. Néanmoins notre esprit est orienté vers l'être, et vers l'être sans restriction, pas seulement vers ce qui est selon tel mode ou selon tel autre, mais vers tout ce qui est. Or Dieu est. 11 est l'Être même. Par notre esprit nous voilà donc en jonction avec sa nature. Nous entrevoyons dès lors qu'une influence peut émaner de lui qui nous donne un perfectionnement supérieur.
Il peut accomplir pour nous ce qu'il ne pourrait en faveur des pierres, des plantes, ni des bêtes. Ces créatures n'ont rien qui les rende susceptibles d'être élevées à son niveau. Nous autres, nous possédons cette puissance obédientielle. C'est là notre grandeur et la source de notre gloire. Parce que nous sommes des esprits ordonnés à l'être, Dieu peut s'incliner vers nous et nous faire entrer en participation de sa nature : nous le connaîtrons comme il se connaît, et par suite nous l'aimerons comme Il s'aime. Ce sera notre béatitude surnaturelle ^
1. Il» II»», qu. 2, a. 3 — 1 1 :», qti. 0, a. 2, ad 3 : • Visio boala est qiiodaramodo supra iiaturuui aniiiinc r;ilii)tialis. iii «iiiaiiluui scilirtt ail pain iiropriâ virliitp pcrvcnirc non poU'st. Alio modo rsl smindiiin natiiracn ipsius, in qiian tum 8cilicet secunduin naturain suani est rapax cuis, proiit est ad iniaginenft Dei facla. •
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Pour accomplir cette éducation sublime, Dieu se donnera à nous. Son énergie transcendante devra se communiquer à nos facultés. En particulier notre intelligence aura besoin de participer à sa propre lumière.
Nous exposons avec nos faibles moyens les choses qui nous dépassent. Pour rendre compte de la connaissance intellectuelle nous en sommes réduits à user d'images et de mots qui se rapportent d'abord aux sens ; et nous inspirant surtout du plus délicat, qui est celui de la vue, nous transposons dans l'ordre spirituel le terme de vision. Or pour qu'un objet s'imprime sur notre rétine, il faut que la lumière le rende visible. Ainsi disonsnous qu'il y a dans notre âme comme une lumière qui rend les objets intelligibles. On la nomme intellect actif ^. Nous en avons déjà parlé, mais il nous faut maintenant compléter nos premières explications.
Cette lumière intellectuelle ne se borne pas à illuminer l'image matérielle pour y faire resplendir des lignes idéales. Elle joue un autre rôle dont on a peu souvent l'occasion de parler, mais qui n'en existe pas moins : éclairer l'intellect passif, le faire passer à l'acte, par la conception de l'idée 2. Dans l'ordre naturel de nos connaissances cette double opération s'accomplit du même coup. Mais s'il s'agit de voir l'essence divine, qui est pure de toute matière et parfaitement intelligible, aucune illumination de l'objet n'est requise. C'est dans la seconde de ses fonctions seulement que notre intellect actif doit être renforcé. Il faut qu'à notre lumière se joigne la lumière divine afin de mettre au point l'intellect passif ^. Alors et aussitôt notre esprit verra la Trinité lui apparaître. Les bienheureux jouissent de cette lumière de gloire : « La Jérusalem céleste n'a besoin ni de