‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 171 sur 227 · H» n»e, qu. 2, a · texte numérisé non relu

H» n»e, qu. 2, a

3. De Verit.,qu. 14, a. 2 : « Fidesest h.ibil us mentis qiiîl ini-hoatur vit.i aelerna n nobis, taciens intelleclum non apparontibiis assenlire. •

4. « Fides inagis habcl cognitionoin audilui similoni (]iiaiu visioiii. • (II! Cent., c. 40).

5. De Verit., qu. 18, a. 3 ; — H» II"»», qu. 6, n. 1, rorp. et ad 3 ; — Da Verit. ■ q». 14, a. 4 : I Ad lioo qiiod iiitolleclus i)r(>mplp soqnalur itnpiTiuin voluntatis

oporicl (pjod aliquis habilus sil in ipso inlelloclu spcculalivo, ot hic e.st habitUI .fi'Ji'i diviciliis inTiisiis •

l'intuition obscure de dieu 243

Seigneur a prononcé : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Le mystique est un saint de la terre qui reçoit déjà un avant-goût de la vision céleste.

Qu'est-ce à dire ? Serions-nous d'avis maintenant que son intuition n'est qu'une vision béatifique atténuée ? Non. Il y a entre les deux des oppositions plus importantes qu'une simple différence de degré. Nous en noterons trois pour le moins.

D'abord la lumière de gloire est accordée à demeure comme l'intellect actif qu'elle surnaturalise. Celui-ci nous met en possession des premiers principes naturels dont nous tirons toute notre science par démonstration ; la lumière de gloire donne d'une façon définitive la vision de l'essence divine, où tout le reste se découvre comme en la source plénière. Mais l'illumination mystique nous est accordée par Dieu de façon transitoire, bien que nous possédions dans les dons du Saint-Esprit des aptitudes toujours prêtes à l'accueillir ^.

Ensuite la vision béatifique est immédiate. Rien ne s'interpose entre l'intelligence des élus et l'essence divine qu'ils connaissent par elle-même. Au contraire, les plus grands saints, ici-bas, la voient dans ses effets comme dans un miroir où elle se reflète. Assurément ils connaissent par la révélation et par leur propre expérience intime des effets plus nombreux et plus significatifs que les artistes ou les philosophes n'en aperçoivent avec leur intelligence laissée à ses forces naturelles ^. Il faut ajouter que la lumière des dons du Saint-Esprit renforce si bien l'intellect actif qu'il peut choisir des images plus adaptées, en extraire des idées plus exactes, et provoquer un jugement plus juste '. Notons encore que le Maître intérieur dispense de raisonner. Son disciple n'a que faire des moyens termes par où

1. lia II«e, qu. 171, a. 2 ; — la II»*, qu. 68, a. 3, ad 3. — Moïse et saint Paul, pour des raisons à part, ont joui transitoirement du bienfait de la lu mière de gloire ; mais ce sont deux cas exceptionnels que nous laissons du côté.

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