I», qu. 12, a. 13, ad
3. Ibid., ad 2 ; — in Boel. de Trijiit., qu. i, a. 2 : « In hoc autem profectu cognitionis Dei (per effectus) maxime juvatur mens humana cum lumen ejus nat.urale nova illustratione confortatur ; sicut est lumen fidei et doni sapien tiae et intellectus per quod mens supra se in contemplatione elevatur, in quan tum cognoscit Deum esse supra omne id quod naturaliter apprehendit. »
passent les théologiens pour remonter des effets jusqu'à la cause première. Simultanément, dans un même acte, le contemplatif connaît les effets et voit en eux la cause divine qu'ils signifient ^. Néanmoins l'intuition de Dieu est médiate, tanquam in spécule, dit saint Paul.
Et in œnigmate, ajoute l'Apôtre. C'est la troisième différence entre la vision des bienheureux et celle des mystiques. « On distingue une double vision de Dieu, l'une parfaite, qui consiste à découvrir l'essence divine ; l'autre imparfaite, qui se réalise lorsqu'on voit non ce que Dieu est, mais ce qu'il n'est pas ; et durant cette vie notre connaissance de Dieu s'élève d'autant plus que nous avons l'intuition qu'il dépasse tout ce que nous pouvons comprendre. Or l'une et l'autre de ces visions de Dieu sont l'œuvre du don d'intelligence. La première sera produite par lui dans la patrie céleste ; la seconde appartient au don tel qu'il commence à fleurir en nous durant le pèlerinage terrestre ^. » Le saint du ciel, arrivé au terme, voit Dieu de près. Le juste de la terre ne l'aperçoit que de loin. Voyant un homme de près, je le reconnais positivement. Le découvrant de très loin, je distingue seulement que ce n'est pas un bioc de pierre, ni un arbre... Ma connaissance est négative. Elle procède par élimination ^.
Voilà donc cette intuition obscure dont les mystiques nous parlaient. De l'existence de Dieu ils étaient déjà amoureusement convaincus.. Us sentaient même son action puissante et douce sourdre au fond de leur âme. Des lumières positives leur étaient données sur l'épanouissement extérieur de la Bonté suprême dans ses œuvres multiples. En ces reflets le rayonnement divin s'atténue suffisanuTient pour cesser de nous éblouir. Mais plus nous remontons vers le noyau central de l'essence divine, afin de savoir ce qui la constitue en propre, moins nous