‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 179 sur 227 · Saint Augustin, De Triniiate, 1. xv, c · texte numérisé non relu

Saint Augustin, De Triniiate, 1. xv, c

3. De Div. Nom., cap. vu, lect. 4. — Voir encore Ibid., cap. i, lect. 3 : « Hoc est ultimum ad quod pertingere possumus circa cognitionem divinam in hâc vità, quod Deus est supra omne id quod a nobis cogitari potest : et ideo nominatio Dei quae est per remotionem, est maxime propria : etenim illi qui sic laudant Deum per remotionem, per illuminationem Dei vere et supernaturaliter sunt hoc edocti ex beatissimâ conjunctione ad Deum : qui Deus cum sit omnium existentium causa, ipse nihil est existentium, non quasi deficiens ab essendo, sed supereminenter segregatus ab omnibus. »

4. De Verit., qu. 8, a. 15, ad 3 : « Tertius modus est quando anima onuiia sensibilia abjicit. supra omnia Deum cogitans, etiam supra seipsam ; et sic ab omni difformitate separatur, et hic est motus circularis. ■> — Cf. II» î^»", qu. 180, a. 6, ad 2.

éternellement Israël du pain de la vérité, où la vie se confoncî avec la Sagesse même, principe de tout ce qui existe, de tcut ce qui a existé et de tout ce qui existera ; Sagesse qui n'a point été faite, mais qui existe aujourd'hui telle qu'elle a été et telle qu'elle sera toujours : ou plutôt on ne peut dire d'elle ni qu'elle a été, ni qu'elle sera, mais seulement qu'elle est, parce qu'elle est éternelle : car avoir été et devoir être ce n'est pas être éternel. Or tandis que nous parlions, et que nous nous élancions vers elle, par un bond de tout notre cœur nous y touchâmes un instant... »

Voilà l'intuition mystique, avec son prolongement affectif dont nous reparlerons. Nul doute qu'à ces hauteurs la mère, sans instruction, mais plus sainte, ne dépassât son fils, le philosophe. L'intuition est d'autant meilleure que le Saint-Esprit donne avec plus d'intensité la lumière surnaturelle qui renforce l'activité de notre intelligence ^.

Si Adam au paradis terrestre eut une contemplation supérieure à celle dont bénéficient normalement les mystiques, c'est que, possédant le don de sagesse à un plus haut degré, il pouvait dès lors connaître l'essence divine par des négations plus précises. Les anges furent dans le même cas durant leur épreuve ^. Voici la jolie comparaison à laquelle recourt saint Thomas. Tout le monde sait que la majesté du grand roi dépasse les autres dignités du pays. Mais le campagnard qui n'a jamais rien vu que l'humble^magistrat de son village se fait une idée moins juste de la grandeur royale que tel autre qui fut admis dans la maison des princes. Bien que ni l'un ni l'autre n'aient jamais été à la cour du roi, celui qui a fréquenté les princes sait mieux combien le roi est grand ». D'une façon analogue les anges avant la vision bienheureuse et l'honmie dans l'état d'innocence contemplaient Dieu mieux que nous. Néanmoins

1. • In hoc profectu co^rnitionis maxime juvatur mens humana, cum lumeo ejus nalurak> novft illustratiune confortatur ; sicut p»l lumen fidei et doni sa- P'cntiîi? et ititellectûs, per quod mens supra se in contenipiatione elevatur, in quantum rdgnoscit Deum esse supra omne id quod naturaliter apprebcndit. » ( /n Bort. de Trin., qu. 1, a. 2).

Page 1