‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 180 sur 227 · JI! Cent., cap · texte numérisé non relu

JI! Cent., cap

l'intuition obscure de dieu 261

toute créature est ténèbre, comparée à l'immensité de la clarté divine, et connaître Dieu par la plus belle de ses images, par le pliis beau de ses anges, c'est encore le rejoindre à tâtons dans la nuit obicure ^. On ne sort pas de la foi, quoi qu'en dise le maître Hugues de Saint-Victor, dont l'autorité est pourtant si grande *.

Par faveur extraordinaire, Adam reçut aussi dans son intellect passif des représentations idéales de Dieu, Bien qu'uni à un corps, il eut des intuitions sans le concours des puissances corporelles. Il connaissait selon la manière angélique '. Des saints ont parfois recouvré dans leurs ravissements ce charisme don' jouissait l'homme avant la chute. Nous avons dit que nous ne voulions pas nous étendre sur les visions intellectuelles. Avec saint Thomas nous ferons pourtant une ou deux remarques. D'abord aucune similitude créée n'arrive à représenter l'essence infinie. Si une image corporelle ne peut faire connaître l'essence d'un esprit, il est encore plus impossible qu'une forme créée, si pure soit-elle, nous révèle en lui-même l'Être incréé. La similitude créée est nécessairement restreinte à quelque aspect déterminé. Elle porte sur la bonté de Dieu, par exemple, ou sur les trois personnes de la Trinité... Mais il faut bien savoir que rien n'est limité de la sorte dans l'essence divine. Tout s'y trouve contenu dans l'éminence d'une incompréhensible unité *. Et alors ce n'est pas Dieu que l'on voit immédiatement, mais une ombre de lui-même ^.

Ainsi donc quand Dieu fait ce miracle de donner aux saints nne vision intellectuelle de son essence, l'intuition demeure «égative «. A plus forte raison, dans l'état normal, lorsqu'il

1. 11» Ilae. qu. 5, a. 1, ad 2. - Cf. I», qu. 94, a. t, ad 3.

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