‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 18 sur 227 · In II Cor., VI, 16. lect · texte numérisé non relu

In II Cor., VI, 16. lect

Dieu soit par connaissance naturelle, soit par la foi informe, en qui cependant l'Esprit de Dieu n'habite pas ^. Mais avec le^'don de ta grâce sanctifiante le juste reçoit du même coup l'Esprit-Saint qui vient habiter en lui. L'Esprit-Saint lui-même est donné et envoyé -. »

Il est donné et envoyé, c'est-à-dire que nous ne l'atteignons pas seulement de cette façon idéale et affective qui nous rend présents en quelque manière tous les êtres que nous connaissons et aimons. Nous jouissons réellement de sa personne, grâce à cette vertu de charité qui nous donne prise sur lui. D'une part donc le Saint-Esprit met en nous la charité, et d'autre part notre volonté, surnaturalisée par ce don, devient capable de le rejoindre, entre en possession de l'Esprit-Saint lui-même, jouit de lui substantiellement. Ainsi devrait se paraphraser, d'après la doctrine de saint Thomas, le fameux texte de l'Apôtre : « Caritas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum sandum qui datus est nobis^.y> Le Saint-Esprit déjà présent à titre de cause efficiente, le devient donc à un nouveau titre, en qualité de personne connue, aimée, possédée. Il est désormais notre hôte. C'est un nouveau mode de présence, spécifiquement distinct du premier.

Signalons-en un troisième avec lequel il ne faut pas le confondre, car il ne lui ressemble ni de près ni de loin. Ce fut l'erreur de Petau d'avoir voulu retrouver dans les relations du Saint- Esprit avec l'âme du juste une union personnelle analogue à celle qui règne entre le Verbe et la nature humaine par lui assumée *. Voici en quels termes saint Thomas montre que ce troisième mode de présence divine est irréductible aux deux autres. « La créature est unie à Dieu de trois façons, dit-il, et d'abord en vertu de la ressemblance divine qu'elle porte en

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