I», qu. 43, a. 3, obj. 1» et 2», et resp
4. Petavius, de Theologicis Dogmaticis, t. 3, de Trinitate, lib. VIII, C. VI, n. 3 et 8. — Pour la réfutation de cette doctrine, voir le beau livre du P. FnOGET, O. P., De l'habitation du Saint-Esprit dans l'dme des justes, ch. V et VI.
l'hote divin 17
-elle. Cette ressemblance ne peut exister que par l'intervention de la puissance de Dieu, et donc par sa présence essentielle. Tel est le premier mode d'union à Dieu, réalisé pareillement chez tous les êtres créés. — En voici un second. Au lieu de ne recevoir de Dieu qu'une simple similitude, c'est lui-même dans sa propre substance que la créature atteint par son opération. Le cas se réalise quand une âme adhère par la foi à la Vérité première, et par la charité à la Bonté souveraine. Dieu n'est ainsi présent que chez les saints en vertu de la grâce. — Enfin la créature rejoint Dieu non seulement par un acte de connais- "îance et d'amour, mais par son être même, en formant avec lui une seule personne. A cette union la créature n'a été élevée qu'une fois, dans le Christ, et c'est le troisième mode ^. » Le Verbe divin a pris à son compte personnel la nature humaine de Jésus, de telle sorte que celle-ci ne s'appartient pas. Le Verbe est responsable de ses actes. Elle n'a d'autre moi que le sien. C'est le Verbe lui-même qui dit : « Je suis né de Marie et je meurs sur la croix », tout aussi bien qu'il prononce : « Je suis dans le sein du Père éternellement, et je gouverne avec lui et l'Esprit-Saint la création entière. » Dans les deux autres modes de présence divine il y a toujours au contraire distinction de personnes, soit entre Dieu et l'être quelconque que Dieu produit, soit entre le juste et Dieu que le juste atteint par son opération.
Il faut d'ailleurs noter soigneusement que ces modes divers, très réels à les envisager du côté de la créature, ne changent rien en Dieu. Si la créature est unie à Dieu d'une façon plus intime, ce n'est pas en vertu d'une modification divine. Seule la créature a changé. Quelque chose de nouveau a été produit en elle et l'a rapportée à Dieu d'une manière spéciale. Ainsi par la création des êtres, le Dieu immuable a été appelé dans le temps le Maître du monde. Ainsi par la vertu de la grâce qui surnaturalise l'homme, celui-ci n'a plus seulement avec Dieu un rapport d'effet à cause, mais de possesseur à objet possédé -.