Ibid., c. VI
3. Deus honoratur sileatio, non quod de ipso nihil dicamus, vel inquiramus, tcd quia intelligimus nos ab ejus comprehensione defecisse {in Boet. de Trin. qu. 2, a. i, ad 6).
cours intérieurs n'expriment pas l'Ineffable auquel elles sont unies !
Saint Augustin fit bien de reprendre >( la parole qui commence et qui finit ». Le frère Renaud était sage d'insister pour que saint Thomas continuât, si possible, de composer la Somme théologique. Il eût pu rappeller à son maître les paroles émouvantes écrites au début de la Somme contre les Gentils et demeurées toujours vraies : « La principale fonction de ma vie, ce que j'ai conscience de devoir à Dieu, c'est de parler de lui i. » Bientôt, dans le cnivent cistercien de Fossa-Nuova où il attendra sa dernière heure, saint Thomas ne va-t-il pas encore commenter pour l'édification de ses hôtes le Cantique des Cantiques ^ ?... Mais les directeurs de conscience sont déraisonnables d'exiger que les 'âmes reviennent toujours aux procédés élémentaires de la méditation.
Parler ou écrire pour que les autres profitent des fruits de notre contemplation, c'est une oeuvre louable à laquelle s'emploient tout spécialement les ordres religieux qui joignent l'apostolat à la vie d'oraison. Mais nous détailler à nous mêmes en des jugements morcelés, l'Être divin que nous sentons beaucoup mieux en bloc, c'est inutile et même nuisible.
Toutes les opérations de l'imaginadon et du raisonnement, toutes les affirmations claires et les idées distinctes ne valent pas l'intuition obscure que Dieu donne. Saint Jean de la Croix l'assure et le répète aux âmes timides que Dieu conduit par ces voies nouvelles, et à tant de directeurs qui viennent ajouter à leur trouble. Ceux-ci sont inexcusables. Saint Jean de la Croix le leur dit franchement. Mais à celles-là il tient ce langage paternel : « O ch res âmes, quand Dieu vous accorde des grâces si souveraines, quand il vous conduit dans la solitude et le recueillement, et vous arrache aux lourdeurs du sens, n'y retournez pas ! Laissez là vos opérations ; car si elles vous ont aidé d'abord à vous séparer du monde et de vous-mêincs, quand vous étiez des commençants, maintenant que Dieu vous a fait la grâce d'agir Lui-même, elles ne peuvent plus être pour vous qu'obs-