CHAPITRE VII L'EXTASE
Est autem extasim faciens divinus anwr.
(Denys l'Aréopao^ite,
souvent cité par saint Thomas).
Après avoir suivi l'âme dans son ascension vers la contemplation mystique, nous nous sommes arrêtés longuement à analyser l'état nouveau qui est devenu le sien. Nous avons décrit l'amour passif qui en forme l'élément fondamental, puis les lumières dont le Maître intérieur éclaire l'intelligence, et l'intuition obscure par laquelle il donne de contempler Dieu lui-même. Maintenant que l'âme se trouve toute menée par l'Esprit-Saint, on devine que son ascension, loin de s'arrêter, va devenir plus rapide encore. Étudions ce progrès avant de terminer.
C'est sur la charité que nous devons d'abord et surtout porter notre attention, puisqu'on la charité, — on ne saurait trop le redire, — se résume la vie spirituelle tout entière. De ce point de vue les progrès de l'âme seront caractérisés par un mot, l'extase. L'extase, c'est-à-dire la sortie de soi pour se transformer en Dieu, et réaliser ainsi la perfection surnaturelle. « L'amour divin ravit hors d'eux-mêmes ceux qui en sont saisis, écrit l'Aréopagite, tellement qu'ils ne sont plus à eux-mêmes, mais à l'objet aimé... De là vient que le grand Paul enivré du saint amour, dans un transport extatique, s'écriait divinement : Je vis, ou plutôt ce n'est pas moi, c'est Jésus-Ciirist qui vit en moi 1 : tel qu'un véritable amant, hors de lui-même et perdu en