‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 192 sur 227 · Jifon XV · texte numérisé non relu

Jifon XV

l'extase 277

;autres attraits celui d'une libre offrande, alors c'est le plus beau des amours, c'est l'amitié. A ce genre appartient la charité. Mais à laquelle de nos amitiés la comparerons-nous ? Affection désintéressée qui rapproche deux amis, union de l'époux et de l'épouse, amour du père et du fils, tous ces sentiments, et le dernier surtout, se retrouvent analogiquement dans nos relations avec Dieu. Il suffit pour cela que nous aimions celui qui :nous a aimés le premier. « Quiconque fait la volonté de mon Père, dit Jésus, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère. »

Mais l'amitié tend de toute sa force à une union plus intime encore que cette union psychologique. Ce n'est pas une simple métaphore de dire que nous voudrions ne faire qu'un réellement avec celui que nous aimons ^ Le désir ne va pas sans doute jusqu'à souhaiter l'anéantissement de notre propre personnalité. Si on le dit, il y a hyperbole cette fois. Les amants de Dieu y ont souvent recouru. La vérité est qu'on cherche du moins à mêler les deux vies, tant que l'on peut, par une fréquentation assidue. Et s'il est impossible de goûter la présence réelle de l'ami, on y supplée par des messages, par le rêve. La charité à ce point de vue nous donne tout à la fois plus et moins que les amitiés humaines. Elle donne moins, parce que jamais nous ne pouvons voir Dieu ici-bas. Mais d'autre part nous pouvons toujours l'atteindre réellement. Que l'on se rappelle une doctrine précédemment exposée. Dieu présent à tout être en qualité de cause première, intime à chacun de nous, mais surtout aux justes, tellement qu'on a pu l'appeler l'âme de notre âme. Dieu est rejoint comme objet de connaissance et d'amour, si nous sommes doués d'aptitudes surnaturelles qui nous permettent d'adhérer à lui. Or c'est le cas de toute âme munie de la vertu de charité et des dons du Saint-Esprit. Et plus la charité grandit, plus l'union devient intime.

On parle de se rapprocher de Dieu. Nous sommes tous des pèlerins, viatores, en route vers Celui qui s'offre à nous comme notre but suprême. Ce n'est point par des démarches corporelles que nous allons vers lui, mais par les élans de notre cœur. Nous

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