‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 194 sur 227 · Ibid, a · texte numérisé non relu

Ibid, a

l'extase 279^

ment quand nous arrivons à l'aide de sa grâce à produire un acte d'amour plus fervent. Dès ce moment notre charité se trouve établie pour l'avenir à ce degré supérieur d'où elle pourra s'élever encore plus haut ^

La charité est susceptible de croître indéfiniment pendant tout le cours de la vie terrestre ^. Car entre la perfection nécessaire à son existence même et celle que l'on atteindra au ciel, il y a place pour un progrès incessant. Orienter vers Dieu tout son cœur de telle sorte qu'on refuse d'arrêter ses pensées et ses complaisances sur quelque chose qui lui répugne, c'est la perfection commune à tous les justes ; hors de là on est un pécheur. Donner à Dieu tout son amour à tel point que sans la moindre interruption l'on s'occupe de lui, c'est la perfection que réalisent là-haut les bienheureux ; mais les infirmités de la vie terrestre nous la rendent inaccessible. Ne peut-on pas du moins s'en rapprocher ? Oui, c'est bien ce que font certaines âmes d'élite qui s'adonnent aux choses de Dieu dans toute la mesure où le permettent les nécessités de notre existence ^. A cette perfection de la vie spirituelle elles sont arrivées par degrés successifs. N'en est-il pas de même pour la croissance physique ? Comparaison très éclairante sur laquelle saint Thomas insiste. Dans la croissance de notre corps on pourrait compter des phases nombreuses. Mais on en signale trois surtout qui apparaissent nettement caractérisées par des activités très diverses. Dans la première période, l'homme n'est qu'un petit enfant dont les membres se développent. Ensuite il se met à parler et à faire usage de sa raison. Puis arrivent la puberté et la préoccupation de fonder une famille. De même on peut distinguer les phases de la charité selon les soucis qui tour à tour deviennent prépondérants. Au début il s'agit surtout de fuir le péché grave, de résister aux convoitises qui contrecarrent l'amour divin. C'est la tâche des commençants. Ils sont obligés de nourrir et de réchauffer la charité, de crainte qu'elle ne meure. Plus tard on s'occupe principalement de s'affermir dans le bien, de grandir en vertus.

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