‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 195 sur 227 · Ibid., a · texte numérisé non relu

Ibid., a

C'est l'œuvre des progressants qui s'attachent à fortifier en eux la charité. Enfin on applique le meilleur de ses forces à s'unir à Dieu et à jouir de lui. C'est l'état des parfaits qui désirent mourir pour vivre avec le Christ ^.

Gardons-nous de fausser cette belle division par certaines idées qui sont devenues courantes depuis quelques siècles. Pour saint Thomas la vie spirituelle ne se dédouble pas en ascétique et en mystique, de telle sorte que chacune de ces vies comprenne à sa façon les trois degrés que l'on vient de définir. Notre Docteur ne connaît qu'une vie spirituelle allant depuis la première grâce jusqu'à la sainteté, de même qu'il n'y a qu'une vie corporelle qui se développe depuis la naissance jusqu'à l'âge mûr. Et telle est l'ampleur de la perfection dont il nous parle qu'à son sommet elle atteint cet état d'union transformante connu des plus grands mystiques seulement et célébré par eux sous le nom de mariage spirituel. Certes nous n'entendons pas dire que toute âme qui mérite déjà le nom de parfaite, parce qu'elle réalise les conditions posées tout à l'heure, se trouve dans l'état de mariage spirituel. Nous affirmons seulement que le mariage spirituel est dans le prolongement de sa perfection, qu'il en est l'épanouissement définitif. Il nous suffira pour le prouver de rapprocher des textes de saint Thomas quelques pages de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix. Nous y joindrons des affirmations de sainte Catherine de Sienne qui tiennent le milieu entre ces deux espèces de documents et les relient aussi parfaitement que possible.

Avant tout il importe de préciser le sens du mot que nous employons. On pourrait dire que le mariage spirituel est déjà contracté entre Dieu et toute âme en état de grâce, car nous avons vu comment la charité les unit. La sainte Écriture a souvent comparé leurs liens à ceux qui rattachent l'épouse à l'époux, et tout péché est par elle qualifié d'adultère. Saint Paul disait aux Corinthiens : « J'ai conçu pour vous une jalousie de Dieu, car je vous ai fiancés à un époux unique pour vous présenter au Christ comme une vierge ptnc ". « Mais c'est dans le

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