‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 197 sur 227 · Cbâicnv. sept, dcm., ch · texte numérisé non relu

Cbâicnv. sept, dcm., ch

l'extase 283

Sainte Thérèse ajoute que dans cet état on ne commet plus de péché délibéré, même véniel i. Mais elle n'ose affirmer o qu'une fois gratifiée d'une telle faveur, l'âme est certaine de son salut et à l'abri de toute rechute... Toutes les fois, écrit-elle, que je dis que l'âme est en assurance, cela doit s'entendre aussi longtemps que la divine Majesté la tiendra dans sa main ^. » Saint Jean de la Croix est plus catégorique. Parlant à son tour de « ce dernier épisode de la vie spirituelle », il écrit que « l'âme s'y transforme totalement en son Bien-Aimé. Par possession complète, les contractants s'y livrent l'un à l'autre, avec une certaine consommation de l'union d'amour ; et ainsi l'âme divinisée devient, pour autant que la vie terrestre le permet, Dieu par participation. A mon avis l'âme ne peut jamais être mise en possession de cet état sans se trouver en même temps confirmée en grâce, car de part et d'autre la fidélité devient inébranlable, et celle de Dieu se manifeste ainsi dans l'âme. De là vient que cet état est le plus élevé qui puisse exister en cette vie. D'après la sainte Écriture, par la consommation du mariage les contractants ne sont plus qu'une chair ; de même, par la consommation de l'union spirituelle entre l'âme et Dieu, deux natures sont un esprit et un amour. Saint Paul l'enseigne en faisant usage de la même comparaison et dit : « Celui qui s'attache au Seigneur est un seul esprit avec Lui ^ »... L'âme repose maintenant entre les bras de l'Époux divin, puisqu'elle est, de façon permanente, unie à lui en un intime embrassement spirituel d'une réalité absolue, qui la fait vivre de la vie même de Dieu. Elle peut dire avec saint Paul : « Si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi *. »

« Dieu seul est devenu la joie de cette âme, elle n'a d'espérance qu'en lui, sa crainte l'a pour objet, et elle ne connaît que la tristesse de lui déplaire. Ses désirs et ses sollicitudes ne s'occupent plus que de Dieu. Toute la richesse de l'âme est ainsi consacrée

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