‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 198 sur 227 · J Cor., VI · texte numérisé non relu

J Cor., VI

4. Gai., II, 20. — Saint Jean de la Choix, Cantique, strophe xxii.

au service de Dieu et l'unité d'action préside si parfaitement à cet ensemble des facultés, que même leurs premiers mouvements ne peuvent agir autrement qu'en Dieu et par Dieu. L'entendement, la volonté, la mémoire, par élans spontanés, sont portés vers Dieu, et d'autre part, les sens, les désirs, les appétits, l'espérance, la joie et toute larichesse intérieure, subissent le même entraînement, sans que l'âme en ait en quelque sorte conscience. De là vient qu'elle agit très souvent pour Dieu et ne s'occupe que de Lui et de sa gloire, sans qu'elle s'en rende compte, sans y avoir songé effectivement. Son habitude de n'avoir que Dieu seul en vue lui est devenue si familière, qu'elle peut se passer d'attention, de sollicitude, et même de ces actes fervents auxquels elle recourait autrefois quand elle se disposait à faire quelque chose pour Dieu ^. »

Le bienheureux Raymond de Capoue, après avoir raconté le mariage mystique de sainte Catherine de Sienne, parle comme saint Jean de la Croix : « Pour moi, dit-il, je pense que ces épousailles ont été la confirmation en grâce de Catherine ^ ». Il est remarquable que Notre-Seigneur introduisit sainte Thérèse dans le mariage spirituel par une parole toute semblable à celle qu'entendit la grande sainte dominicaine. On lit en effet dans le Château intérieur : Notre-Seigneur dit à cette âme « qu'il était temps qu'elle fît de ses intérêts à lui ses intérêts propres, et qu'il prendrait soin de ce qui la concernait ' ». Et Catherine entendit ces mots : « Ma fille, pense à moi ; si tu le fais, je penserai sans cesse à toi ». « Écoutez maintenant, continue son {biographe, comment notre vierge a compris cette parole. M'entretenant secrètement de cette révélation, la sainte me disait que le Seigneur lui avait ordonné de garder seulement le vouloir qui la portait vers Lui, d'exclure de son cœur toute autre préoccupation ; car tout souci d'elle-même, fût-ce de son salut spirituel, aurait pu mettre obstacle à son repos continu dans la pensée de Dieu. Le Maître avait ajouté : « Lt Moi je

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2. Vie du sainle Catherine de Si'.nnt, !• parUe, cU. xil (Irad. llugueny).

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