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l'extase 287
D'où vient cette misère persistante ? Ils ont pourtant la charité et les aptitudes surnaturelles qui s'ensuivent pour rendre possibles tous les actes vertueux. Oui, mais en leur accordant ce don, le Saint-Esprit n'a pas supprimé les mauvaises inclinations établies dans leur âme. A eux de faire effort, de répéter les actes bons pour que disparaissent toutes ces difficultés qui gênent le jeu normal des vertus infuses. Celles-ci, en dépit de leur nom latin û'habitus, qui pourrait nous donner le change, ne ressemblent donc pas aux habitudes naturelles que nos facultés acquièrent par l'exercice en faisant disparaître à mesure les dispositions contraires. Reçues sans travail de notre part dans nos facultés, elles ont ensuite à se conquérir celles-ci. Et c'est là que la lutte s'impose. Coûte que coûte il faut habituer notre nature à ces aptitudes surnaturelles ^.
Si l'on mène généreusement le bon combat, un jour doit arriver à la fin où cessent toutes les agitations passionnelles qui donnaient tant de souci. Certes les passions ne sont jamais anéanties. Mais leurs mouvements deviennent parfaitement réglés. Si par hasard elles ont encore quelques sursauts imprévus, elles ne parviennent pas à entraîner la raison, ni même à troubler notablement sa sérénité. L'âme est toute purifiée maintenant. Elle a déjà les vertus des bienheureux, cette prudence qui ne regarde que les choses divines, cette tempérance qui ne connaît plus les convoitises, cette force qui ignore même les frayeurs instinctives, cette justice qui s'associe pour toujours avec Dieu 2. La charité a triomphé de tous les obstacles. Rien ne l'empêche de faire perpétuellement son acte essentiel : s'unir à Dieu, jouir de sa présence. Elle n'a qu'un désir, mourir pour le posséder pleinement ^.
-r^Par le fait de ce désir intense qui ne la quitte pas, l'âme semble déjà confirmée en grâce *. Elle n'est pas absolument impeccable comme les bienheureux qui trouvent dans l'étreinte