‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 203 sur 227 · Sainte Cathehine dk Gênes, Traitii du Purgatoire · texte numérisé non relu

Sainte Cathehine dk Gênes, Traitii du Purgatoire

l'extase 291

est vraiment comme crucifiée entre le ciel et la terre, en proie à la souffrance, sans recevoir de soulagement ni d'un côté ni de l'autre. Du côté du ciel, il est vrai, lui vient cette admirable connaissance de Dieu, dont j'ai parlé, et qui dépasse de bien loin tous nos désirs ; mais une telle vue de Dieu accroît encore son tourment au lieu de le diminuer, parce qu'elle enflamme encore davantage son désir de le posséder. Telle est, quelquefois, l'intensité de la souffrance, qu'elle lui fait perdre le sentiment ; à la vérité ce dernier effet dure peu. Ce sont comme ies suprêmes angoisses du trépas ; mais il y a dans cette agonie de la souffrance un si grand bonheur que je ne sais à quoi le comparer. C'est un martyre ineffable à la fois de douleurs et de délices. Bien loin de vouloir chercher le moindre adoucissement dans tout ce que la terre lui offrait auparavant d'agréable, l'âme n'en peut soutenir la vue, et le repousse loin de soi avec un souverain dégoût. Elle connaît bien qu'elle ne veut que son Dieu, mais elle n'aime rien de particulier en lui, et elle ne sait point ce qu'elle aime... Ses puissances sont ici suspendues par la peine comme elles le sont par le plaisir dans l'union et le ravissement... 11 ne faut pas oublier que les transports de cette peine me sont venus après toutes les grâces apportées avant celles-ci et après toutes celles dont ce livre contiendra le récit, [donc avant d'entrer dans l'état de mariage spirituel]... Comme presque chaque nouvelle faveur que je reçois me cause des craintes jusqu'à ce que Notre-Seigneur me rassure, celle dont je parle me donnait aussi dans les commencements certaines alarmes. Mais le divin Maître me dit de ne pas craindre et de plus estimer cette grâce que toutes celles qu'il m'avait faites : l'âme se purifiait dans cette peine, elle y était travaillée et purifiée comme l'or dans le creuset, afin que la main divine pût mieu.\ étendre sur elle l'émail de ses dons ; enfin elle endurait là les peines qu'elle aurait endurées dans le purgatoire ^. »

Sainte Catherine de Gênes dit aussi : « Cette forme purgative que je vois dans ies âmes du purgatoire, je la sens en moti âme surtout depuis deux ans, et chaque jour je la sens et je la

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