‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 205 sur 227 · La Vive flamme d'amour, 1'» strophe, vers vi · texte numérisé non relu

La Vive flamme d'amour, 1'» strophe, vers vi

§ II. — « Quelquefois, dit saint Thomas^, la contemplation PRODUITE par les DONS D'INTELLIGENCE OU DE SAGESSE A POUR CONSÉQUENCE D'ARRACHER L'AME aux opérations DES SENS » : C'EST l'extase CORPORELLE.

Durant que la vie spirituelle s'élevait progressivement vers l'état d'union transformante, il a pu se produire des phénomènes corporels d'insensibilité, de contracture, etc., qui frappent beaucoup le vulgaire, et auxquels on fait une trop large place dans les biographies des saints. N'est-ce pas même à ces phénomènes que l'on réserve couramment le nom d'extases ? Notre travail serait par trop incomplet si nous ne demandions à saint Thomas l'interprétation de ces faits extraordinaires.

Pour les décrire au préalable nous nous adresserons à sainte Thérèse. Nul sur ce point ne l'a surpassée en précision. 11 se peut que partant de son propre état elle ait trop généralisé. Du moins nombre d'auteurs qui se sont inspirés d'elle ont cru que tous les cas devaient correspondre parfaitement au sien sous peine de se voir refuser le nom de mystiques. Et c'est là, croyons-nous, l'une des causes principales de la divergence qui s'affirme parmi les théologien.'^. Les uns admettent que la vie mystique s'offre à tous et que l'état d'union transformante est le terme où devrait parvenir le progrès spirituel. Ils citent en leur faveur les auteurs anciens, et saint Jean de la Croix lui-même. D'autres, qui sont presque tous postérieurs à sainte Thérèse, prétendent au contraire qu'il y a bifurcation dans le chemin de la perfection. Deux voies différentes, l'une ascétique et l'autre mystique, peuvent progresser indéfiniment vers Dieu, et la voie mystique, pour laquelle il faudrait une vocation spéciale, serait uniquement celle qui vérifie tous les traits de la description thérésienne.

Mais qu'on nous permette quelques remarques. F^our nous en tenir à l'union transformante ou mariage spirituel dont il a été question plus haut, sainte Thérèse ne parle pas du tout de cet

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