‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 206 sur 227 · De Verit., qu. 10, a. H, scd coutra · texte numérisé non relu

De Verit., qu. 10, a. H, scd coutra

l'extase 295

état en ses premiers ouvrages. Pourquoi ? Sirriplenient parce qu'à cette date elle ne l'avait pas encore expérimenté. Y étant arrivée plus tard, elle le dépeint dans le Château intérieur, son œuvre dernière. Voici comme elle débute : « La première fois que cette grâce est accordée à l'âme, Notre-Seigneur, dans une vision Imaginative, veut bien se montrer à elle dans sa très sainte humanité... » Elle ajoute qu'elle le vit elle-même «tel qu'il était après sa résurrection » et qu'il se montre sans doute à d'autres sous une forme différente ^. Ce qu'elle ne dit pas, c'est que nulle vision Imaginative ne fait partie essentielle du mariage spirituel. Il en est de même pour la vision intellectuelle de la sainte Trinité malgré ces paroles de la sainte : « Une fois que l'âme est introduite dans cette demeure, les trois personnes de la très sainte Trinité, dans une vision intellectuelle, se découvrent à elle 1... » Saint Jean de la Croix, qui a savamment traité du mariage spirituel, ne nous dit point qu'une telle vision soit liée à cet état 2.

Ainsi pour tout le reste. Sainte Thérèse a reçu au cours de sa vie beaucoup de grâces charismatiques. Et de plus, même les grâces d'ordre sanctifiant ont eu chez elle des conséquences extérieures qui tiennent en grande partie à son tempérament personnel. Pour cette double raison on aurait tort de vouloir retrouver tels quels les mêmes phénomènes chez tous les mytiques.

Ne perdons pas de vue ces remarques en lisant le récit, d'ailleurs si parfait, qu'elle nous donne de ses extases. Nous lui laissons la parole :

« Tandis que l'âme cherche ainsi son Dieu, elle se sent, avec un plaisir très vif et plein de suavité, défaillir presque tout entière. La respiration manque, les forces physiques font défaut, en sorte qu'on ne peut même remuer les mains qu'avec bien de la peine. Les yeux se ferment sans qu'on veuille les fermer, et si on les tient ouverts, on ne voit presque rien. Veut-on lire, on ne parvient pas à rassembler les lettres, et c'est à peine si on les distingue clairement. On voit bien qu'elles sont là, mais,

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