‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 219 sur 227 · De Veril., qu. 13, a · texte numérisé non relu

De Veril., qu. 13, a

.3. Ibid., ad 1.

i. Ibid., ad 3 ; qu. 10, a. Il, id 3. 5.i>ap., IX, 15.

l'extase 307

'union divine avec Dieu, vu que la faiblesse, la corruption et la sensualité y prennent part ^. » Pour comprendre toute la portée de ces derniers mots, il faut se reporter à un autre passage de la Nuit obscure : « La partie supérieure, ou l'esprit, se meut et se récrée dans le goût de Dieu, tandis que la partie inférieure, qui est sensuelle, se meut aussi selon son attrait vers la sensualité. Il lui est impossible de suivre une autre voie, ne connaissant que celle-là, ce qui fait que cette partie prend ce qui lui est propre, et c'est la basse délectation sensuelle. Il arrive ainsi que l'âme se trouve élevée en oraison avec Dieu selon l'esprit, et qu'au même moment selon les sens elle éprouve à son vif regret et passivement des rebellions et mouvements d'actes sensuels *. » Les personnes de complexion très délicate qui auraient à souffrir de pareilles faiblesses s'en verront guéries, dit saint Jean de la Crois, par la purification propre à la nuit obscure. Il en est de même plus tard pour « les ravissements, extases, secousses du corps... qui se produisent quand les communications ne sont pas purement spirituelles. Lorsque l'esprit: seul les reçoit, comme c'est le cas chez les parfaits qui ont passé par la purification de la seconde nuit, il n'est plus question de ravissements ni de tourments physiques ». n

Sainte Thérèse en fit l'expérience. « Une fois arrivée là [dans le mariage spirituel], l'âme n'a plus de ravissements, ou, si ell: en a, ce qui est très rare, ce ne sont plus de ces soulèvements et de ces vols de l'esprit comme ceux dont j'ai parlé. En outre, cela ne lui arrive presque jamais en public, chose qui lui était fort ordinaire. Les objets même les plus capables d'exciter sa dévotion ne produisent plus en elle pareil effet ; tandis qu'auparavant il suffisait pour cela de la vue d'une dévote image, des premières paroles d'un sermon, du son d'un instrument de musique. Le pauvre petit papillon vivait, en telle anxiété, que tout, en quelque sorte, l'effrayait et lui faisait prendre son vol. Soit qu'il ait trouvé son repos, soit que l'âme, ayant vu tant de merveilles

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