Momie du Carmel, 1. I, ch
3. Le cantique spirituel, strophe I, commentaire. — Voir encore sainte Catherine DE SIENNE, Dialogue, ch. 79.
l'hote divin 27
Moïse et saint Paul mis à part, ces maîtres de l'humanité religieuse ayant l'honneur motivé d'une exception, il reste tous les autres, c'est-à-dire les simples fidèles. Le Docteur angélique les compare à des disciples qui, dans l'espoir de voir clair un jour, commencent par croire, sans comprendre, les affirmations de leur Maître, 11 en doit être ainsi : comme le dit Aristote, « il faut tout d'abord que le disciple croie » ; il faut que l'homme vive dans la foi en attendant la vision surnaturelle de Dieu ^.
La foi s'épanouira donc plus tard dans une vision magnifique. Pour le moment, elle est précédée d'évidence intellectuelle : « Nous ne croirions pas, dit saint Thomas, si nous ne voyions qu'il faut croire 2. » Mais la vision glorieuse que notre croyance nous prépare, et les raisons apologétiques qui légitiment celle-ci, lui sont totalement extrinsèques. L'acte de foi pris en lui-même est l'opération intellectuelle la plus imparfaite que l'on puisse trouver 3. Il est entièrement commandé par la volonté qui, non contente de fixer l'attention de l'intelligence, lui détermine les propositions mêmes qu'elle doit admettre *.
Si l'on compare cet acte à celui d'intuition ou même à celui qui termine un raisonnement, quelle différence ! Dans le cas de l'intuition, devant un principe tout à fait évident, l'intelligence adhère avec une certitude parfaite, sans recherche, ni mouvement de pensée. Point de cette agitation intérieure que l'on nomme si bien cogitatio. Dans le cas du raisonnement scientifique, il y a recherche sans doute, mais c'est pour aboutir à l'assentiment. Alors l'agitation intérieure s'arrête. Le mouvement de la raison qui a commencé par l'intuition des principes y revient, en y résolvant les conclusions. Et dès ce mo-