II» II», qu. 1, a. 4, ad
3. In cognitione autem fidei invenitur operatio intellectus imperfectissima quantum ad id quod est ex parte intellectus. quamvis maxima perfectio invenitur ex parte objecti ; non enim intellectus capit illud oui assentit credendo {III Gcnt., G. 40).
4. Voluntas imperat intellectui credendo non solum quantum ad actum exsequendum, sed quantum ad determinationem objecti (De Virt. in com. a. 7
ment l'inteHigence reste tranquille. Dans la foi, au contraire, mouvement de pensée et assentiment ne sont pas successifs, mais parallèles. Car l'assentiment n'est pas produit par la recherche intellectuelle, il est commandé par la volonté. Alors, parce que l'intelligence n'arrive pas à se fixer au terme qu'elle poursuit forcément et qui est de comprendre, son mouvement continue, elle s'agite encore. Elle est en quête relativement aux objets de sa croyance, bien qu'elle y adhère très fermement. Car, pour ce qui la regarde, elle n'est point satisfaite; elle n'est déterminée que par une contrainte extérieure. Et c'est pourquoi l'on dit que l'intelligence du croyant est prisonnière ^.
Ne pas connaître en lui-même le Dieu aimé par-dessus tout, ne pas le voir, c'est le malaise et la souffrance de l'intelligence chrétienne soumise au régime de la foi durant toute la vie terrestre.
« Qu'est-ce que Dieu ? » demandait avec insistance le petit Thomas d'Aqiiin aux religieux de Saint Benoît à qui ses parents l'avaien'i confié.
Pour répondre à pareille question, l'Église propose à notre foi les mystères que Dieu lui a révélés. Sur ces données, des esprits pénétrants ont travaillé au cours des âges à organiser une science de l'être divin. C'est la théologie. Science véritable, qui possède une réelle valeur spéculative, qui nous fournit sur Dieu des idées suffisantes pour le distinguer de tout ce qui n'est pas lui. Mais science imparfaite nécessairement et condamnée à le demeurer jusqu'à la fin. Car elle aura beau progresser dans ses formules en face des attaques de l'erreur et grâce aux efforts des théologiens de génie, elle portera toujours une tare originelle : à la différence des autres sciences, elle part de principes inévidents pour tout homme de ce monde, et le reste s'en ressent. Ses conclusions sont forcément obscures 2.
C'est pour remédier à cette impuissance de notre raison,