‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 27 sur 227 · I», qu. 1, a · texte numérisé non relu

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l'hote divin 29

c'est pour satisfaire notre esprit sans le sortir des ombres de la foi, que Dieu accorde à ses enfants les plus fidèles la contemplation mystique.

Qu'est-ce donc que cette contemplation ? Nous le verrons dans les chapitres suivants. Mais dès maintenant les principes de notre étude sont posés. Nous avons établi l'existence du Saint-Esprit en nous comme cause de notre charité d'une part, et d'autre part son habitation à titre d'ami au plus intime de notre cœur. Nous n'aurons qu'à tirer les conséquences. La présence de Dieu dans l'âme des justes, c'est la source et le terme de la contemplation mystique.

Veni, Pater pauperum, Veni, dator munerum, Veni, lumen cordium I (Liturgie).

Par quel moyen celui qui est au fond de notre âme la source de la vie, l'auteur de la grâce et des puissances surnaturelles qui en découlent, nous mettra-t-il en mesure de sentir sa présence sous les voiles qui nous le cachent, et d'expérimenter que sa doctrine mystérieuse est la vérité même ? Quelles seront les facultés de la contemplation mystique ?

Les dons du Saint-Esprit jouent ce rôle, répondent unanimement les auteurs spirituels.

Mais qu'est-ce à dire ? Qu'entendre par les dons du Saint- Esprit ? Est-ce un mot tout simplement, ou ce mot couvre-t-il une réalité ?

Ce qui a mérité, dans le langage chrétien, de se voir attribuer, entre tous les dons de Dieu dont nous sommes pétris et dont nous vivons corporellement, spirituellement, surnaturellement, le nom de a dons » par excellence, les dons du Saint- Esprit, n'est pas une idée vaine.

Si aucune définition solennelle ne porta jamais sur cette matière, nous avons du moins l'enseignement courant du magistère ordinaire de l'Église qui ne laisse place à aucun doute. Pas un catéchisme qui ne parle de ces dons. Toute la catholicité au jour de la Pentecôte chante à l'Esprit-Saint : « Donne à tes fidèles, qui se confient en toi, le sacré septénaire ». Et dans l'hymne Veni Creator Spiritus, la Troisième Personne

de la Trinité est appelée : Tu septiformis munere, Toi dont les dons sont de sept sortes. » Sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte, tels sont les noms que la tradition chrétienne attribue aux sept dons du Saint-Esprit.

Nous allons rechercher dans l'Écriture les origines de ce dogme, que nous exposerons ensuite à la lumière de la théologie thomiste. Il ne restera plus qu'à tirer de cet enseignement ce qui concerne la contemplation mystique.

§ I. — Les origines de la croyance aux dons DU Saint-Esprit,

Le texte scripturaire qu'il convient de citer dès le début, et par lequel nous terminerons encore, car c'est en lui que la tradition chrétienne doit finalement résumer sa doctrine, nous le trouvons dans le livre d'Isaïe. « Un rameau sortira de la tige de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur, Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force. Esprit de science et de crainte de Dieu ^. » C'est du Messie que parlait le prophète. Mais le Messie ne sera pas seul à profiter de ces dons. Dieu par la bouche de Joël a fait cette autre promesse : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ; et vos fils et vos filles prophétiseront ; et vos vieillards auront des songes ; et vos jeunes gens auront des visions. Sur les esclaves aussi et sur les servantes, €n ces jours-là je répandrai mon Esprit ^. »

Saint Pierre au jour de la Pentecôte proclamera la réalisation de cette prophétie de Joël, comme Jésus lui-même avait dit dans la Synagogue de Nazareth qu'en lui s'accomplissait la prédiction d'Isaïe '.

Si nous ouvrons les livres du Nouveau Testament, nous y voyons de fait l'Esprit descendre sur Jésus pour se répandre ensuite sur toute âme qui entre en communion avec ce divin

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