Ch. I, § II, p
2. Ea même temps que son amour : pour le développement de cette idée, voir les belles méditations de saint Thomas, IV Genl. c. 21 et 22.
lui manque et les actes qu'il convient d'accomplir, — ils l'inspirent. Parlant de l'enfant qui n'est pas arrivé au complet usage de la raison, saint Thomas nous dit, en effet, que d'ici là il demeure sous le gouvernement de ses père et mère, parce qu'il f it en quelque sorte partie d'eux-mêmes. Tout d'abord l'enfan'^ ne se distingue même pas corporellement de ceux qui l'engendrent ; nous parlons de ce temps où il est contenu dans les entrailles maternelles. Mais ensuite, jusqu'à ce qu'il entre en possession de son libre arbitre, l'enfant demeure comme enveloppé des soins de ses parents, ainsi que dans des entrailles spirituelles, sicut sub quodam spirituali utero ^ Voilà bien notre état vis-à-vis de Dieu dans l'ordre surnaturel ; nous sommes très heureusement à la merci de son gouvernement, enveloppés de ses prévenances et de ses secours, portés dans les « entrailles de sa miséricorde ». Aussi est-ce bien à propos que saint Thomas cite le mot de saint Paul : « Qui Spiriiu Dei aguntur, In sunt fllii Dei, ceux qui sont menés par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu 2. »
« Et de plus ils sont héritiers », ajoute saint Thomas avec TApôtre ; et cela lui suggère une autre parole de l'Écriture et une autre comparaison pour exprimer la même vivante réalité. 11 est dit dans le psaume 142 : « Mon Dieu, que ton Esprit bon me conduise dans la terre promise. » Nul ne peut parvenir à cet héritage de la terre des bienheureux, s'il n'est mû et conduit par l'Esprit-Saint. Nous sommes les citoyens du ciel, dit saint Paul {Phil., m, 20). Tandis que nous sommes dans la vie corporelle nous voyageons loin du Seigneur (// Cor., v, 6). Mais ce terme de notre voyage ne nous est connu qu'obscurément. Nous n'avons pour nous guider qu'une carte assez énigmatique. Heureusement, Celui qui sait parfaitement le chemin et le but, l'Auteur de notre foi est près de nous, ou plutôt il est en nous ; bien mieux, nous sommes en Lui, portés dans ses bras puissants. Nous laissant d'ordinaire faire nos pas tâtonnants, à la mesure de nos faibles lumières, il nous