I Cor. VI
Contempl. Mystiqua
renvoie parmi les dons de la vie active, après le conseil et la force, immédiatement avant la piété et la crainte. Dans les ouvrages postérieurs, si saint Thomas fait allusion quelquefois aux dons de la vie contemplative, il ne nomme que l'intelligence et la sagesse ^. En composant dans la Somme son traité des dons en général, il maintient d'abord la même classification 2. Plus tard cependant, lorsqu'il vient à l'étude particulière de chaque don du Saint-Esprit, son opinion finit par se modifier. Une étude plus attentive lui a permis de tout concilier, la philosophie qui lui est chère et le texte sacré d'Isaïe^. Le don d'intelligence, ainsi que le don de sagesse, a son retentissement jusque dans la vie active, dit-il. D'autre part, le don de science est comme eux d'abord, mais non exclusivement, d'ordre spéculatif. Et tous trois ont pour fonction d'achever autant que possible, — à la façon dont les dons perfectionnent les vertus, — la connaissance surnaturelle que la foi laisse imparfaite *.
Aussi bien saint Thomas va-t-il joindre le don de science au don d'intelligence, comme correspondant à la vertu de foi. S'il renvoie le don de sagesse à la suite de la vertu de charité, ce n'est pas que sa doctrine ait changé sur ce point : il suffit de comparer l'étude qu'il en donne ^ avec le Commentaire des Sentences que nous avons cité, pour voir que tout concorde. Or ici il ajoutait explicitement : « La foi a besoin de dons qui la perfectionnent, vu la misère de notre intelligence qui n'arrive à percevoir les réalités spirituelles qu'en partant des choses sensibles. Mais la volonté n'a pas, de par sa nature, pareille imperfection ; c'est pourquoi à la charité ne correspond pas de don qui agisse d'une manière plus parfaite «. » En effet, même dans la Somme, à la fin du traité de la charité, notre
1. In Boet. de Trin., (ju. 1, art. 2 ; de Veril., qu. 10, a. 9