II», qu. 68, a
titude future, parce que, « dès cette vie, l'œil purifié par le don d'intelligence peut voir Dieu de quelque manière » ^. D'ailleurs quand il étudie la contemplation même, ne la défmit-il pas : un regard simple, une intuition de l'esprit sur la vérité divine * ?
D'autre part, il attribue nettement la contemplation au don de sagesse, dans ce texte par exemple : « C'est la fonction de la sagesse de contempler les choses divines ^. »
Enfin, au traité proprement dit de la contemplation, il adjoint expressément la science à la sagesse *. Comment s'en étonner ? Un peu plus haut, saint Thomas remarquait que « par les effets divins nous sommes amenés à la contemplation de Dieu » s. Or tel est le procédé même du don de science *.
Mais ce qui n'est indiqué qu'en passant dans la Somme se trouve affirmé à maintes reprises, très explicitement, dans le commentaire sur les Sentences, où saint Thomas étudie les dons précisément du point de vue de la contemplation et de l'action. L'intelligence et la sagesse servent à la première, nous dit-il ', et plus tard il regrettera seulement de n'y avoir pas ajouté la science. A nous de compléter en disant que ces trois dons sont les principes formels de la contemplation.
Cependant il convient d'ajouter que celle-ci est principalement l'œuvre du don de sagesse.
Est-ce, comme certains le croient, parce que la sagesse toute seule est une connaissance affective, et par là justifie seule la définition donnée par saint Thomas de la contemplation :
1. « In hac vita, purgato oculo per donum intellectus, Dens quodammodo videri potest. » (I» II»», qu. 69, a. 2, ad 3). Même idée dans II» II»% qu. 8, a. 7. A noter que, pour saint Thomas, béatitude et contemplation s'identifient (I* II^», qu. 3, pass.).