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porte à l'amour de Dieu. Si donc quelqu'un étudie pour savoir, non pour édifier et grandir dans la dilection divine, qu'il sache bien qu'il mène la vie contemplative des philosophes et non pas celle dont traitent les théologiens ^.. »
Mais saint Thomas ne s'en tient pas là. Dans son commentaire des Sentences, dans sa Somme théologique, après avoir établi d'une façon didactique la prééminence de la charité, et montré qu'elle doit informer toute la vie chrétienne, même la contemplation, il n'en écrit pas moins que celle-ci est formellement un acte d'intelligence, et que le don de sagesse (comme le don d'intelligence et celui de science) est essentiellement un surcroît de lumière intellectuelle.
Il est intéressant de comparer, à ce point de vue, saint Bonaventure et saint Thomas, tous deux commentant les Sentences.
« Si sagesse — sapientia — vient de savourement — sapor — et que le savourement concerne l'affection intérieure, il semble que l'acte de la sagesse soit tout d'abord d'ordre affectif, » dit saint Bonaventure ^. Et saint Thomas écrit : « La sagesse comporte un savourement quant à l'amour qui la précède, mais non quant à la connaissance qui suit, si ce n'est en raison de la délectation consécutive à l'acte de connaissance '. »
Ces deux textes s'opposent tout comme une objection et la réponse que saint Thomas y fait dans l'article correspondant de la Somme théologique : Est-ce que la sagesse est une fonction de l'intelligence ?
« Il semble que non, dit-il, commençant selon sa coutume par attaquer sa propre thèse, car sapientia équivaut à sapida scientia, et cela semble concerner l'affectivité à qui il appartient d'expérimenter les délectations spirituelles : donc la sagesse n'est pas affaire d'intelligence, mais de sentiment. — Réponse : Dans la langue latine, en effet, sapientia pourrait avoir ce sens. Mais il n'en est pas ainsi en grec ni peut-être dans les