De Veril., qu. 11, a. 1, ad II
l'ascension de l'ame vers la contemplation 77
connaître la vérité chrétienne plus explicitement que les autres, cherche les mots les plus sublimes pour exalter cette autorité qui parle au nom de Dieu et qui détient les principes dont les fidèles doivent tirer leur science surnaturelle : « Ceux-là à qui incombe le devoir d'enseigner la foi tiennent le milieu entre Dieu et les hommes, si bien que par rapport à Dieu ils sont des hommes, et par rapport aux hommes ils sont des dieux, en tantqu'ilsparticipentà la connaissance divine parlascience des Ecritures... 11 faut donc que les « mineurs » qui doivent lecevoir d'eux l'enseignement des vérités de la foi, aient leur foi enveloppée dans celle de ces maîtres, considérés, non con.me des hommes, mais comme des dieux par participation i. »
Sainte Thérèse n'avait pas d'autre avis, et les textes sont nombreux où elle dit son estime pour « les hommes éminents en doctrine » et le besoin qu'en ont tous les fidèles, surtout les âmes qui veulent s'adonner à l'oraison. Elle écrit par exemple : « Je bénis Dieu de tout mon cœur, et nous autres femmes avec tous ceux qui sont dépourvus d'instruction, nous devons lui rendre à tout moment d'infinies actions de grâces, de ce qu'il se trouve des hommes qui, à force de travail, ont conquis la vérité que nous ignorons. Quelle n'est pas mon admiration quand je songe au prix de quels efforts les hommes de science, et spécialement les religieux, ont acquis ce trésor, tandis que je puis, moi, y avoir part sans autre peine que de les interroger ! Et quelqu'un refuserait d'en profiter ? Dieu nous en préserve^ ! » Ailleurs elle recommande à ses filles les livres de méditation « composés par des personnes du plus grand mérite ^. »
Voilà donc le point de départ. Pour prétendre à la contemplation, il faut d'abord que l'esprit s'arrête à un sujet, peu importe d'ailleurs que ce sujet soit fourni par une lecture, par un sermon, ou par un effort de la mémoire.
i. « Illi quibus incumbit offirium docendi fidem sunt medii inter Deum et homines ; unde respectu Dei sunt homines, et respectu hominiim sunt dii, in quantum divins cognitionis participes sunt per seientiam Scripturarum... Ideo oportet quod minores, qui ab eis de fide doceri debent, habeant fidem implicitam in fide illorum non in quantum homines sunt, sed in quantum suct participatione dii. » (III Sent. d. 25, qu. 2, a. 1, q'» 4).